La blockchain, vecteur de choix pour l’économie circulaire

jeudi, 27.02.2020

Olivier Desjeux*

Olivier Desjeux

Nous avions présenté la possibilité d’effectuer des transactions sur des valeurs non monétaires. La blockchain donne la possibilité d’émettre des jetons utilitaires qui représentent l’unité d’une ressource échangeable sur une place de marché secondaire, notamment dans le cadre d’une micro-économie. Imaginons le cas d’une unité d’énergie électrique. Autoriser des transactions de KWh directement entre particuliers, sur des plateformes d’échanges décentralisées, permet d’améliorer l’efficacité des réseaux.

Les principes de l’économie circulaire sont maintenant bien connus: le processus de production se reboucle du mieux qu’il peut en cercles vertueux de flux entrant et sortant. Ces logiques de développement durable sont particulièrement adaptées pour favoriser les circuits courts, pour relocaliser la production et réduire l’impact des transports. Dans un contexte où la consommation de masse devient de plus en plus sujette à caution, l’utilisateur que nous sommes a tendance à mieux se préoccuper de la fin de vie des produits, que ce soit en les réparant, ou par la récupération de déchets.

Aujourd’hui les fonds d’investissements ont résolument tourné le dos aux acteurs d’une économie de consommation linéaire du type produire– consommer-jeter. Les acteurs de la finance recherchent, et imposent de plus en plus fréquemment une vision de l’entreprise conforme aux objectifs de développement durable. Reste à savoir comment se reboucle ce cercle vertueux de la consommation afin de limiter l’impact de nos énormes appétits de matière et d’énergie.

Une fois que les mécanismes d’éco-conception et d’optimisation des ressources sont mis en place pour la réalisation de produits, se pose les questions de leur ré-utilisabilité, de leur réparation ou recyclage. Mais dans certains cas, comme l’utilisation primaire d’une énergie, comme pour le transport ou le chauffage par exemple, il n’y a que le mécanisme de compensation qui permette de réduire son impact.

La façon dont les entreprises s’adaptent aux évolutions de consommation, la façon dont elles innovent en valorisant des nouveaux modèles d’affaires est révélateur de leur engagement à favoriser cette économie circulaire. Mais l’instauration de ces modèles est complexe puisqu’elle requiert l’implication de nombreux partenaires dans le cycle. C’est dans ce cadre là que se manifeste la puissance de l’outil blockchain.

Les propriétés d’immutabilité intrinsèque à la blockchain permettent de fonder les bases d’un écosystème de transactions de confiance basées sur des données décentralisées. Reboucler la production avec du déchet comme matière première se fait par la valorisation du déchet en question. S’il est parfois difficile de lui donner une valeur comptable, le geste de recyclage doit être récompensé par l’octroi de jetons numériques qui seront négociables sur les plateformes d’échanges, directement en unités de recyclage par exemple.

De nombreuses initiatives voient le jour actuellement et cherchent leur place pour générer de la valeur dans ce nouvel écosystème. Nul doute que dans peu de temps certains concepts seront mieux aboutis que d’autres et deviendront les standards de l’économie circulaire.

* Consultant stratégie nouvelles technologies






 
 

AGEFI



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