La blockchain pour le partage de l’énergie

jeudi, 19.03.2020

Olivier Desjeux*

Olivier Desjeux

Nous avons établi, dans les précédents articles, les propriétés essentielles de la blockchain ainsi que certains domaines d’activité. Rappelons, pour mémoire, qu’une transaction entre deux entités peut s’effectuer directement et sans intermédiaire financier. Le caractère distribué et décentralisé du réseau est tel que la signature des échanges se retrouve gravée de façon immutable dans tous les registres, interdisant de-facto toute altération de son contenu. L’audit régulier des bases de données centralisées n’a plus de raison d’être.

L’internet des objets (IoT) désigne l’ensemble des capteurs ou actionneurs qui nous entourent au quotidien. Qu’il s’agisse d’équipements domestiques ou industriels, nous interagissons de plus en plus communément avec des automatismes par l’intermédiaire de l’IOT. Electroménager, thermostats, vidéosurveillance ou encore haut-parleurs connectés sont les équipements les plus visibles de cette transformation numérique du monde qui nous entoure. Quelle que soit notre appréciation de l’utilité de ces équipements, il n’en reste pas moins que leur omniprésence transforme peu à peu nos habitudes.

La controverse qui anime le cas des compteurs d’électricité connectés est intéressante. Le reproche le plus virulent à l’encontre de ces compteurs est assurément le fait qu’une entité centralisatrice s’approprie les données de consommation électrique de tous les particuliers. Présenté autrement, alors qu’il fournit tous les jours des informations personnelles en quantité sur les réseaux, le particulier s’offusque de la main mise d’un organe central sur nos habitudes de consommation d’énergie.

Les réseaux électriques des pays sont dimensionnés, et entrelacés afin de transférer l’énergie depuis la centrale jusqu’aux consommateurs. Ce modèle s’est construit autour du modèle qu’Edison et J.P. Morgan avaient mis au point à New-York juste avant le XXe siècle. 

On dit que l’épouse de J.P. Morgan ne supportait pas le bruit du générateur qu’Edison avait installé au sous-sol de leur maison, la première maison à disposer de l’électricité. Edison est donc retourné à sa planche de travail pour réaliser la première usine de la General Electric qui fournirait du courant électrique à tous les habitants du quartier. Le système centralisé de fourniture d’électricité était né.

Aujourd’hui les contraintes environnementales sont telles que tout un chacun peut se trouver en situation de générer et de consommer de l’électricité. Dans le modèle actuel, c’est toujours l’organe centralisé qui rachète l’électricité générée mais non consommée.

La transformation digitale qui s’opère verra la blockchain intervenir pour décentraliser ces échanges d’énergie pour l’échange entre particuliers. Au moyen de l’IOT, celui-ci disposera de compteur connecté, mais connecté sur la blockchain. La génération d’électricité excédentaire se verra proposée sur une place de marché virtuelle, permettant ainsi les échanges locaux et décentralisés d’énergie.

Je lisais récemment qu’un directeur de grand groupe d’électricité s’attendait à voir son chiffre d’affaires baisser à l’avenir. Il faisait certainement référence à l’émergence de ce modèle, déjà en service dans certains pays. 

*Consultant stratégie nouvelles technologies 






 
 

AGEFI



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