La blockchain comme outil pour inventer des marchés

lundi, 27.01.2020

Olivier Desjeux*

Olivier Desjeux.

Nous avons vu dans les précédents articles que la blockchain est un outil intéressant dès lors qu’il est correctement mis en service. Au risque de me répéter, l’oracle est l’outil par qui, le jumeau numérique dispose d’une réelle légitimité. Les transactions automatisées, plus connues sous le nom de smart-contract, ouvrent la porte à des transactions cryptées rapides et sûres.

Nous avons aussi vu que les transactions automatisées permettent des échanges sans intermédiaires sur l’ensemble de la chaine logistique, et que toutes les transactions sont enregistrées simultanément sur tous les registres décentralisés. Les programmes informatiques qui définissent les smart-contract ouvrent la voie à une très grande créativité dans la répartition des transactions. Dès lors, il devient possible de créer une nouvelle forme d’échanges en attribuant une valeur autre que financière à des actifs qui ne s’échangeaient jusqu’à présent qu’en passant par une contre valeur monétaire.

Prenons l’exemple de la création d’une contre valeur de compensation de carbone. Cette valeur peut vivre indépendamment d’une unité monétaire sur l’équivalent de cette place de marché. Il est possible d’utiliser l’unité de compensation carbone comme un actif à part entière pour les transactions qui autorisent cette valeur. Le caractère décentralisé et immutable de la blockchain assure toujours la transparence des opérations. Qui plus est, la provenance des actifs et les transactions sont indélébiles. Comme la visibilité sur toute la chaine de valeur est totale et incorruptible, c’est une relation de confiance absolue qui s’établit entre tous les acteurs de ce nouveau marché.

Des travaux sur base de blockchain sont déjà en cours pour réaliser l’échange d’actifs équivalents carbone sur des salles de marché spécifiques. Il s’agit bien de transactions en unités non monétaires. Cette façon de réinventer les marchés ouvre la porte à des nouvelles sources de valeurs. Il devient possible de donner une valeur sociale ou environnementale à un actif qui n’avait qu’une valeur financière, voire pas de valeur du tout. Revenons à notre forêt qui dispose d’une valeur financière déterminée en fonction par exemple du type de bois et de sa maturité.

Désormais il devient aussi possible d’affecter à cette forêt une valeur environnementale pour des transactions qui s’établissent directement en équivalents carbone, pour une certaine durée. Dès lors que les parties s’entendent pour accéder à cette place de marché en équivalent carbone, la forêt en question peut se négocier auprès des participants selon les mêmes règles qu’une transaction financière, mais avec l’avantage d’une très grande simplicité et rapidité d’exécution. Le contrôle des opérations se réduit à sa plus simple expression, juste en consultant le livre de comptes répartis.

Les grands gagnants de ce système sont les laissés pour compte du système économique actuel. Dans l’exemple cité dans cet article, il s’agit bien entendu de l’environnement qui a tout à gagner de l’avènement de cette technologie.

* Consultant stratégie nouvelles technologies






 
 

AGEFI




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