La blockchain au service du citoyen

lundi, 08.10.2018

Julien Ayanoglou*

Julien Ayanoglou

Depuis plusieurs années maintenant, l’Estonie a décidé de mettre la blockchain au service de ses administrés. La liste des services aux citoyens et résidents intégrés dans la blockchain ne cesse de croître: vote électronique, paiement des impôts, dossier patient, création d’entreprise, etc.

Une déclinaison allégée de ce programme est d’ailleurs disponible pour les personnes qui ne résident pas en Estonie. La e-residency permet à tous de créer rapidement et de manière fluide et sécurisée une entreprise en ligne.

Quand certains acteurs en place voient la blockchain comme une menace pour leur core business, l’Estonie y a vu au contraire une opportunité; une opportunité pour fluidifier et améliorer la qualité de ses processus métiers, pour réduire le Time to Market du service à l’utilisateur final, pour réduire les coûts de l’administration mais aussi une opportunité de présenter le pays comme un acteur majeur de l’innovation digitale et technologique.

Un des enjeux actuels autour de la blockchain est de savoir quelle sera «The place to be» en la matière dans les années à venir. Traditionnellement Londres et Singapour occupent le devant de la scène. L’Estonie portée par les initiatives de son administration est également un acteur de premier plan. Et qu’en est-il de la Suisse?

En Suisse également de nombreuses initiatives blockchain sont en cours. C’est à Zoug que se trouve la Fondation Ethereum à qui nous devons l’ether et les smart contracts.
La ville de Chiasso accepte quant à elle que ses administrés payent leurs impôts en bitcoin. Plus proche de nous, les CFF acceptent eux aussi le paiement des billets de train en bitcoin. Encore plus proche de nous, l’Etat de Genève expérimente la délivrance d’extraits de son Registre du commerce depuis la blockchain. Ce premier pas, prometteur, est accompagné d’autres initiatives touchant des domaines métiers variés, tels que le trading des matières premières pour lequel Genève figure parmi le peloton de tête au niveau mondial.

Ces différents exemples prouvent qu’il est possible de décliner dans la blockchain des processus métiers très variés. Par ailleurs, quelques mois ou années d’expérimentation offrent un certain recul quant au retour sur investissement de tels projets blockchain. Chaque acteur, qu’il soit institutionnel ou économique, est ainsi en droit de s’interroger sur l’opportunité d’optimiser un processus ou de gagner en efficience au travers de la blockchain.

* Senior Project Manager, SQLI Suisse






 
 

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