Le rebond des actifs risqués observé peut-il se poursuivre?

mardi, 26.03.2019

La BCE a récemment envoyé un message confirmant les signes de ralentissement global délivrés par les PMI.

Laurent Denize*

En révisant à la baisse la croissance et l’inflation en zone euro, la BCE a envoyé un message confirmant les signes de ralentissement global délivrés par les PMI. Les primes de risque ont fortement décliné et les investisseurs ont mis à profit le rebond pour s’alléger sur les actifs risqués.

La détérioration des indicateurs macro-économiques mondiaux n’est pas uniforme. Le secteur manufacturier est à la peine tandis que les services ou le marché du travail restent bien orientés. Comme nous l’anticipions, les autorités chinoises ont pris les mesures adéquates pour stabiliser la croissance, tandis que les derniers chiffres de la zone euro sont moins alarmants et tendent vers une croissance tendancielle de 1,5%.

Dans ce contexte nous réitérons notre conseil de relative prudence à court terme sur les actifs risqués avec une consolidation qui pourrait se mettre en place, moins sur des critères fondamentaux que sur des considérations techniques. Mais toute faiblesse notable (>5%) devra être exploitée pour réinvestir. Le momentum macro-économique devrait s’améliorer dans les prochains mois avec les premiers effets du stimulus chinois, une zone euro bénéficiant de relances budgétaires de près de 0,5%, d’une BCE toujours aussi accommodante et au final des États- Unis en croissance proche de leur potentiel, aidés par une Fed attentiste.

Certes les révisions d’analystes sont toujours orientées à la baisse mais les anticipations de croissance bénéficiaires de 4% sur les marchés américains nous semblent trop conservatrices au regard d’une croissance des ventes qui s’établit à +6.5% depuis deux ans.

A 12 fois les résultats à 12 mois, les marchés émergents se négocient à des multiples inférieurs à ceux observés pendant la crise de 2015/2016. Au-delà des mesures chinoises, un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine serait un catalyseur fort pour une réallocation encore plus conséquente des investisseurs internationaux.

La zone euro, retraitée des biais sectoriels (technologie) n’offre, selon nous, qu’une décote de 5% par rapport aux marchés américains. C’est trop peu aujourd’hui. Nous favorisons les exportateurs vs les domestiques dans un contexte d’euro faible.

Côté taux, malgré le rally observé après les mesures de refinancement de la BCE, nous restons à l’écart des obligations souveraines tant que la saga «Brexit» n’offre pas plus de clarté. L’incertitude qui perdure sur le sujet commence à lasser les intervenants et pourrait provoquer une volatilité significative.

Sur le crédit, le resserrement sur les obligations à haut rendement devrait là aussi marquer une pause. Mais dans la même optique que sur les actions, il s’agira de renforcer en cas d’écartement prononcé des spreads.

Pour conclure, nous prenons en partie nos profits sur les actions Mid et Small caps européennes et tout en restant investis, nous renforçons nos protections sur les indices actions. Nous construisons ainsi aujourd’hui des portefeuilles convexes aux profils rendement/risque attractifs.

*Global Co-CIO, ODDO BHF AM






 
 

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