La Fed s'apprête à relever les taux pour la seconde fois cette année

lundi, 11.06.2018

La Banque centrale américaine (Fed) s'apprête à relever une nouvelle fois ses taux d'intérêt mercredi pour accompagner la hausse des prix aux Etats-Unis et anticiper une accélération de la croissance après la relance budgétaire massive de l'administration Donald Trump.

Graduellement, comme l'a promis la Fed, la politique monétaire américaine commence donc à quitter son orientation "accommodante" pour s'approcher de la "neutralité".(keystone)

La probabilité d'un relèvement d'un quart de point de pourcentage (0,25%) des taux d'intérêt sur les fonds fédéraux s'élève à plus de 91%, selon les contrats à terme sur les marchés. Ce sera la deuxième hausse de l'année et la septième depuis fin 2015.

Le coût de l'argent au jour le jour que les banques se facturent entre elles devrait donc se hisser dans la fourchette de 1,75% à 2% renchérissant nettement les frais des crédits à la consommation pour les Américains. Dans la foulée, le taux de base préférentiel ("prime rate"), qui sert de base aux intérêts sur les cartes de crédit ou les hypothèques, grimpera à plus de 5%.

Graduellement, comme l'a promis la Fed, la politique monétaire américaine commence donc à quitter son orientation "accommodante" pour s'approcher de la "neutralité", c'est-à-dire proche de l'inflation, sans vouloir doper ni restreindre l'activité économique. Un changement de vocabulaire qui pourrait s'immiscer dans le communiqué du Comité monétaire (FOMC) qui sera publié mercredi à 14H00 locales (18H00 GMT).

La réunion monétaire qui se tient sur deux jours à Washington se terminera par une conférence de presse mercredi du président de la Fed Jerome Powell, juste après la publication de nouvelles prévisions sur la croissance, l'inflation et le taux de chômage.
Dans la foulée à Francfort jeudi, au cours d'une réunion monétaire également, la Banque centrale européenne (BCE) devrait débattre de l'abandon de son programme de rachats de dette, suggérant aussi un resserrement à venir de l'orientation monétaire en zone euro.

Optimiste sur la croissance

Malgré le bras de fer commercial des Etats-Unis avec leurs partenaires, "la Fed devrait rester optimiste sur la trajectoire de l'économie à court terme et exprimer sa confiance dans le fait que l'inflation va durablement atteindre sa cible de 2%", a estimé Kathy Bostjancic, d'Oxford Economics.La croissance de la première économie mondiale ne devrait pas tarder à afficher l'impact de l'énorme stimulus budgétaire promu par l'administration Trump à travers les réductions d'impôts aux entreprises notamment et la hausse des dépenses d'armements.Même si l'expansion a été modeste au 1er trimestre (2,2% en rythme annuel), de nombreux économistes prévoient maintenant que la croissance devrait atteindre sur l'année les 3% visés par Donald Trump. Le seul 2e trimestre pourrait même culminer à 4,5%, selon le baromètre, souvent optimiste, de la Fed d'Atlanta.Autre signal spectaculaire d'une possible surchauffe à venir, le taux de chômage est descendu à 3,8%, un plus bas en 18 ans, qui s'il perd encore un dixième de point représentera un plancher jamais atteint depuis 50 ans. Ces données devraient faire augmenter les salaires, ce qui n'est pas vraiment encore le cas, et donc doper l'inflation.Depuis mars, la hausse des prix mesurée par l'indice PCE a touché l'objectif de 2% visé par la Réserve fédérale qui s'est dite prête à tolérer qu'elle monte un peu au-dessus de cette cible.Dans ces conditions, la plupart des économistes sont persuadés que la Fed devra relever ses taux quatre fois au total cette année au lieu des trois prévues jusqu'ici, une légère accélération du resserrement monétaire qui pourrait être visible dès mercredi dans les prévisions du Comité monétaire."L'inflation va augmenter bien plus que ne le pense la plupart des gens. La Fed va être en retard sur la musique et elle ne va probablement le réaliser que l'année prochaine", a assuré à l'AFP Joseph Gagnon, un ancien économiste de la Réserve fédérale, chercheur au Peterson Institute for International Economics (PIIE).(ats)

 

 






 
 

AGEFI



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