Taux d'intérêt américains: la Fed devrait encore être patiente

mercredi, 21.09.2016

La banque centrale américaine (Fed) devrait une nouvelle fois faire preuve de patience sur les taux d'intérêt.

Pour cette dernière réunion monétaire importante avant l'élection présidentielle du 8 novembre, la Fed publiera un communiqué mercredi à 18H00 GMT qui sera suivi d'une conférence de presse de la présidente, Janet Yellen.

La banque centrale américaine (Fed) devrait une nouvelle fois faire preuve de patience sur les taux d'intérêt mercredi dans un contexte de croissance modeste sans menace d'inflation et à quelques semaines de l'élection présidentielle américaine.

"Le Comité monétaire ne devrait pas relever les taux d'intérêt mais ses membres devraient enfin indiquer qu'ils entendent vraiment le faire et que cela peut intervenir avant la fin de l'année", a estimé l'économiste indépendant Joel Naroff, reflétant une opinion largement partagée par les analystes.

Pour cette dernière réunion monétaire importante avant l'élection présidentielle du 8 novembre, la Fed publiera un communiqué mercredi à 18H00 GMT qui sera suivi d'une conférence de presse de la présidente, Janet Yellen.

La Réserve fédérale dévoilera aussi ses nouvelles projections économiques pour 2017 et 2018 et, pour la première fois, pour 2019.

Un tour de vis monétaire de la Fed n'est pas exclu mais serait une énorme surprise pour les marchés.

Le gourou des obligations à Wall Street, Bill Gross, est un des rares à estimer qu'il y a une chance sur deux pour les taux soient relevés.

Les membres du FOMC sont apparus divisés en tous cas ces dernières semaines, promettant "une robuste discussion" sur le besoin imminent ou non de renchérir enfin le coût du crédit.

Si l'inflation est faible (+0,8%, selon l'indice PCE), le marché du travail s'approche du plein emploi et le prix des actifs boursiers et immobiliers gonfle, faisant craindre à certains une bulle financière.

Dans le même temps, la banque centrale veut éviter de freiner la modeste croissance, peu soutenue par la faiblesse de l'économie à l'étranger.

"Les retombées des chocs à l'étranger semblent se transmettre à l'économie américaine de façon plus puissante qu'autrefois", a argumenté récemment une gouverneure influente de la Fed, Lael Brainard, qui prône la patience.

Le FOMC aura assurément un oeil sur la réunion monétaire de la banque du Japon qui, mercredi, doit faire le bilan de sa politique ultra-accommodante.

Proche du plein emploi


Sur le front intérieur, tous les regards sont rivés sur l'emploi afin de jauger si, avec un taux de chômage à 4,9%, on a atteint l'emploi maximum qui signalerait la résurgence de l'inflation, à travers des hausses de salaires.

Stanley Fischer, le numéro 2 de la Fed, semble le penser, ayant affirmé que l'économie américaine "était proche de ses objectifs".

Janet Yellen a prévenu en août, sans s'engager sur des dates, que "les arguments pour une hausse des taux d'intérêt s'étaient renforcés au cours des derniers mois".

Les taux d'intérêt au jour le jour fixent le coût de l'argent que les banques se prêtent entre elles. Ils évoluent actuellement entre 0,25% et 0,50% seulement, après avoir été relevés en décembre 2015, pour la seule fois depuis la crise financière de 2008.

Les rehausser se répercuterait sur le coût des crédits à court terme, celui des cartes de crédit et des prêts immobiliers. Pour la banque centrale, il s'agirait moins de refroidir l'économie - qui connaît une croissance de 1,1% en rythme annuel au 2e trimestre -, que de tenter de normaliser sa politique monétaire. En effet, avec des taux si bas, elle a peu de marge de manoeuvre pour l'avenir, si elle devait soutenir l'activité en cas de récession.

"Quelle bêtise la Fed peut-elle s'autoriser, telle est la question ?", a expliqué à l'AFP Joseph Gagnon du Peterson Institute for International Economics, résumant le dilemme de la banque centrale.

Selon cet ancien économiste de la Fed, "il vaut mieux faire une bêtise qui coûte un peu trop d'inflation" en patientant encore sur les taux plutôt que d'inhiber la reprise poussive en les relevant et risquer un dangereux ralentissement.

En cette période électorale, l'impartialité de la banque centrale a été mise en doute par le candidat républicain Donald Trump qui a accusé Janet Yellen de jouer le jeu des démocrates en conservant des taux bas pendant les élections.

"On surévalue l'importance politique" de l'action de la Fed, a commenté mardi sur la chaîne CNBC l'ancien président démocrate Bill Clinton.

Un argument pourrait néanmoins inviter le Comité à faire mentir Donald Trump en resserrant la vis monétaire avant l'échéance électorale: la hausse du revenu des Américains moyens pour la première fois depuis la récession.

Signe d'optimisme, le revenu médian des ménages a fait un bond de 5,2% en 2015. Il n'a cependant pas encore rattrapé son niveau d'avant la crise. - (awp)


 

 
 



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