Trump lance une nouvelle bordée de critiques contre la Fed

mercredi, 28.11.2018

La banque centrale américaine et son président Jay Powell font l'objet de vives critiques de la part de Donald Trump.

Les critiques incessantes de Trump contre Jerome Powell et la banque centrale vont à l'encontre de la tradition de réserve en public adoptée par la plupart de ses prédécesseurs. (Keystone)

Donald Trump a affirmé mardi qu'il "n'était même pas un petit peu content" du président de la banque centrale américaine qu'il a nommé, et a estimé que la Fed faisait une erreur en augmentant ses taux d'intérêts, dans un entretien au Washington Post.

"Jusque-là, je ne suis même pas un petit peu content d'avoir choisi Jay (Powell, le président de l'institut d'émission). Même pas un tout petit peu. Et je ne blâme personne, mais ce que je vous dis c'est que la Fed est complètement à côté de la plaque avec ce qu'elle est en train de faire", a déclaré le président, dans une nouvelle bordée de critiques contre la banque centrale et son président.

Dans cet entretien d'une vingtaine de minutes, le président a une nouvelle fois accusé la Fed - une institution qu'il avait déjà qualifiée de "folle" - de faire du mal à l'économie en augmentant les taux d'intérêts.

"Je fais des deals et la Fed ne m'aide pas", a affirmé le président. "Ils font une erreur parce que j'ai de l'instinct, mon instinct m'en dit parfois plus que le cerveau de n'importe qui d'autre ne pourra jamais me dire", a souligné le président.

Les critiques incessantes de M. Trump contre Jerome Powell et la banque centrale vont totalement à l'encontre de la tradition de réserve en public adoptée par la plupart de ses prédécesseurs.

M. Trump lui n'hésite pas à tancer publiquement la Fed quand quelque chose va mal dans l'économie. Wall Street chute: "La Fed est tombée sur la tête". General Motors supprime des milliers d'emplois: "La Fed est à côté de la plaque".

M. Trump est loin d'être le seul à s'inquiéter du resserrement des taux d'intérêts par la Fed après presque une décennie d'argent quasiment gratuit.

Certains économistes craignent qu'elle ne tue une économie presque parfaite, avec une progression du PIB de 3,5% au troisième trimestre et un chômage à 3,7%, le plus faible depuis 48 ans, et une inflation maîtrisée.

L'institut d'émission lui s'évertue à expliquer que pour l'heure le niveau de son loyer de l'argent continue encore d'encourager la croissance et qu'il va devoir augmenter "graduellement" ses taux pour éviter une surchauffe.

Si une nouvelle hausse est attendue en décembre, les responsables du comité monétaire - qui fixe les taux d'intérêts - soulignent désormais qu'ils vont regarder de près les statistiques économiques pour déterminer les prochaines hausses.

Jerome Powell, qui a pris ses fonctions en février, aura l'occasion mercredi sinon de répondre au président - ce n'est pas trop le genre de la maison - du moins d'expliciter une nouvelle fois son raisonnement. Il donnera un discours très attendu par les marchés à New York à partir de 17h GMT. (ats)






 
 

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