Les actions sont au sommet! Investir est-il encore possible?

lundi, 27.01.2020

La baisse des taux, afin de réduire l’impact de la guerre commerciale entre les USA et la Chine, a entraîné une hausse des cours pour tous les actifs.

Franz Wenzel*

Franz Wenzel.

Globalement, les marchés boursiers et les titres à taux fixe atteignent des sommets et ont permis aux investisseurs d’enregistrer des performances vraiment inattendues. La hausse inhabituelle enregistrée en 2019 résulte en premier lieu du revirement de la Réserve fédérale US (Fed) en début d’année, qui a décidé de privilégier les baisses de taux pour réduire l’impact de la guerre commerciale entre les USA et la Chine. D’autres banques centrales ont fait de même. Les taux à la baisse ont alors entraîné une hausse des cours pour toutes les catégories d’actifs.

Récemment, le chef de la Fed a plus ou moins clairement expliqué que d’autres baisses de taux n’étaient pas prévues prochainement. Rien de plus normal donc de se demander si investir est encore possible. Ce d’autant plus que les indices boursiers courants ne sont pas vraiment évalués au plus faible. En moyenne, les valeurs standard aux USA sont ainsi évaluées à 23 fois les bénéfices actuels, alors qu’en Europe, ce facteur est de 18 environ.

Cette évaluation moyenne masque toutefois une nette différence. Les titres «de croissance» sont évalués à environ 27 fois les bénéfices alors que les «Values», ou valeurs intrinsèques, se distinguent par une croissance modérée et des dividendes constants, mais aussi par une part de frais fixes très élevée, et s’échangent actuellement à un rapport cours/bénéfices de 14 seulement. Certes, le niveau d’évaluation en Europe est dans l’ensemble plus faible, mais l’écart entre les titres de croissance et les valeurs intrinsèques est tout aussi élevé avec 12 points.

Cette différence d’évaluation n’est guère surprenante, car les titres de croissance, donc ceux susceptibles d’afficher une croissance ordinaire constante des bénéfices, peuvent structurellement être mieux évalués. Ces dix dernières années, cette évaluation supérieure est d’en moyenne quelque 5 points de rapport cours/bénéfices.

L’écart actuel d’environ 12 points de rapport cours/bénéfices atteint un niveau record et semble exagéré, du moins à court terme.

Une légère reprise de la croissance économique attendue pour début 2020/mi-2020 plaide plutôt pour les actions Value. Cela peut sembler étonnant de prime abord, mais peut facilement être expliqué, puisqu’une croissance plus élevée du chiffre d’affaires est synonyme de marge bénéficiaire plus élevée.

De plus, la politique monétaire expansive a des retentissements. Même si les banques centrales semblent pour l’instant marquer une pause, les liquidités qu’elles fournissent devraient continuer à proliférer et avoir des incidences positives sur les marchés. Si l’on se réfère aux expériences réalisées par le passé, les titres Value en particulier devraient profiter du surplus de liquidités.

Toutefois, un titre Value ne définit pas un choix particulier pour un secteur. Il y a en effet des actions de qualité dans toutes les régions boursières et dans tous les secteurs, parfois davantage, parfois moins.

Une sélection efficace des titres suppose cependant une gestion active du portefeuille. Une simple stratégie «buy and hold» est peu prometteuse pour 2020. Dans le même temps, il s’agit aussi de se départir des approches habituelles centrées sur les indices de référence et d’adopter plutôt une stratégie de «rendement absolu».

Dans le contexte actuel, un investissement purement passif, qui se contente de reproduire un indice boursier habituel, semble en effet peu prometteur. Les investisseurs feraient mieux de se consacrer ces prochains trimestres à une sélection active des titres ou de miser sur l’expertise de gestionnaires de portefeuille actifs.

* Stratège en placement pour les clients institutionnels, AXA Investment Managers






 
 

AGEFI




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