Investir en période de forte incertitude: une stratégie en trois étapes

mardi, 06.10.2020

Daniel Kalt* / James Mazeau **

Daniel Kalt et James Mazeau

L’environnement économique mondial est radicalement incertain. C’est justement dans ces moments-là que les investisseurs ont besoin de concepts stratégiques leur assurant une sécurité et les protégeant de réactions inconsidérées à court terme.

Au cours des dix dernières années, qui ne s’est pas dit: «Le monde n’a encore jamais dû faire face à une situation aussi imprévisible et incertaine.» L’être humain aspire à la sécurité, la prévisibilité et la capacité de planifier les développements futurs. Mais il a manifestement beaucoup de mal à gérer les situations d’incertitude extrêmement élevée, voire existentielle.

Les réactions classiques liées à l’incertitude

Dans leur dernier ouvrage «Radical Uncertainty», les deux auteurs britanniques John Kay et Mervyn King analysent la réaction des gens dans des situations d’incertitude radicale et les comportements adoptés pour les maîtriser. Dans ces circonstances, les gens tendent à se raccrocher à des valeurs qui les rassurent à cause de leur désir de stabilité.

Comme mentionné, John Kay et Mervyn King expliquent qu’au cours de son évolution, l’être humain a adopté diverses stratégies pour maîtriser les situations d’incertitude radicale. Notamment: s’en tenir à des règles de conduite heuristiques simples. Dans l’investissement aussi, il existe une série de règles extrêmement simples qui ont fait leurs preuves au fil des ans. 

Elles apportent une aide très précieuse aux investisseurs et les protègent contre les mauvaises décisions dictées par les émotions.

La plus importante: répartir sa fortune sur trois «paniers». Dans le concept «UBS Wealth Way», on commence par définir la stratégie à l’égard des liquidités, qui couvre les besoins financiers pour les quelques années à venir. But: procurer un sentiment de sécurité, même dans un environnement incertain, et dissuader de céder à la panique et d’agir de manière irréfléchie au plus mauvais moment d’une phase de fluctuations boursières extrêmes.

La deuxième stratégie de placement vise la Longévité, qui doit couvrir le coût de la vie pendant la retraite. 

Enfin, dans le cadre de la stratégie Legs, l’investisseur peut réfléchir à l’affectation des valeurs patrimoniales restantes pour améliorer les conditions de vie d’autrui et soutenir d’autres objectifs qui lui tiennent à cœur. Dans chacune de ces trois catégories, il convient, par ailleurs, d’appliquer le fameux principe (mais pas moins incontournable) à la base d’une stratégie de placement fructueuse: mettre en œuvre une large diversification englobant le plus grand nombre possible de classes d’actifs, régions et secteurs. 

Une telle «allocation d’actifs stratégique» définie de manière claire se révèle particulièrement efficace lorsque, suite à des décalages causés par les mouvements du marché, l’allocation est ramenée de manière très disciplinée à sa répartition initiale.

Par exemple, si la quote-part d’actions ne cesse de croître suite à un essor boursier durable comme en 2019, elle est ramenée chaque mois à son niveau neutre. 

Grâce à ce rééquilibrage, des prises de bénéfices peuvent continuellement être réalisées en phase haussière, mais la part en actions est accrue automatiquement lors d’un fort recul du marché, si bien que le portefeuille peut profiter pleinement du redressement qui, surtout en début de phase, peut survenir très rapidement. 

* Chef économiste Suisse / **Economiste, Chief Investment Office, UBS Global Wealth Management






 
 

AGEFI



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