L’investissement thématique: du bon dosage à la sélection

mardi, 25.06.2019

Investir dans l’intelligence artificielle peut stimuler les rendements. Attention toutefois à ne pas vénérer les tendances.

Frédéric Fayolle*

Vous avez peut-être déjà assisté à ce phénomène: Un magasin d’alimentation végane ouvre dans la zone piétonne de votre petite ville de 10.000 habitants et les clients, du "hipster" à la femme au foyer, prennent littéralement le magasin d’assaut, bousculant le commerçant. Vous vous dites que si ce magasin était coté en bourse, vous vous empresseriez de miser sur l’action.

Si cette histoire vous paraît familière, vous êtes prédestiné à l’investissement thématique. En effet, dans ce cadre, les investisseurs placent de l’argent dans des entreprises qui travaillent dans des domaines tendance au plan économique ou social. Si l’on est précocement de la partie, on peut en bénéficier de multiples manières: car plus une tendance se répand, plus les affaires des entreprises en question peuvent s’avérer fructueuses. De plus, l’attention sociale croissante peut avoir pour conséquence un investissement de moyens supplémentaires dans ces thématiques.

Aussi séduisantes que puissent être ces perspectives, les investisseurs ne doivent pas se fier uniquement aux tendances. En effet, l’alpha et l’oméga d’un investissement couronné de succès, en plus d’une longue durée de conservation, est une large diversification. De tels investissements ne doivent donc être que les ingrédients d’un mélange et être soigneusement sélectionnés. En effet, il existe de nombreux exemples de thématiques qui ont débuté avec de grands espoirs, mais qui sont lourdement retombées. Il suffit de mentionner les fonds solaires ou BRIC.

En revanche, nous considérons que l’intelligence artificielle est une thématique de fond, dont les effets devraient même dépasser la révolution provoquée par l’ordinateur. Dans ce cadre, les machines imitent l’intelligence humaine. Des capteurs collectent des données comme des sons et des images, des algorithmes identifient des schémas fiables grâce à un entraînement permanent et les résultats ainsi obtenus sont mis en œuvre par des acteurs dans le monde physique.

Il ne s’agit plus de science-fiction. Les robots coopèrent déjà ensemble dans les salles des machines sous le slogan de l’Industrie 4.0. Par exemple, un bras de montage demande un réapprovisionnement à un appareil de manutention circulant de façon autonome ou fait récupérer les produits terminés pour l’expédition. Lors d’achats sur de grandes plateformes en ligne, l’algorithme recommande d’autres produits sur la base de commandes précédentes, qui correspondent souvent exactement à nos besoins, à notre grand étonnement.

Automatiser les processus 

L’intelligence artificielle fait des progrès exponentiels pour deux raisons principales: d’une part, le volume de données disponible a énormément augmenté grâce à la numérisation dans de plus en plus de domaines de la vie. Que ce soit par les relevés de position de nos smartphones, par la banque en ligne ou par des commandes sur Internet, nous laissons partout une empreinte constituée de zéro et de un. Et en plus des robots dans les salles des machines, les appareils que nous utilisons au quotidien chez nous contribuent aussi au flux de données. Ainsi, la matière première pour l’intelligence artificielle est largement disponible. Et cela nous amène au second point: grâce à l’augmentation massive de la capacité de calcul des ordinateurs, le volume de données est toujours mieux exploité. Les cerveaux électroniques repèrent avec une précision encore jamais atteinte des schémas dans les données et les transforment en informations qui permettent aux personnes d’agir de façon toujours plus prévoyante et d’automatiser des processus qui étaient autrefois réputés trop complexes. On ne s’étonnera donc pas que d’après une étude de PwC, pour 72% des 500 chefs d’entreprise interrogés, l’intelligence artificielle est un facteur de succès décisif pour l’avenir. 

L’analyse de la société de conseil aux entreprises prévoit d’ici 2030 une contribution supplémentaire de l’intelligence artificielle au produit intérieur brut d’un montant pouvant atteindre 15,7 billions de dollars dans le monde. La part du lion devrait revenir à la Chine, où la hausse de la productivité et l’augmentation de la consommation devraient générer environ sept billions de dollars supplémentaires.

*Gestionnaire de fonds de DWS Invest Artificial Intelligence






 
 

AGEFI



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