Investir dans le durable pour faire du bien à la planète

mercredi, 26.09.2018

Philippe G. Müller*

Philippe G. Müller

Vous êtes peut-être comme moi, et comme de plus en plus de consommateurs, dans vos achats quotidiens: nous accordons une valeur croissante aux produits fabriqués de manière durable et écologique. Une expérience vécue et ses conclusions.

Il y a peu, un magasin vendant exclusivement des aliments non emballés a ouvert à la gare où je prends chaque jour le train pour me rendre au travail. Les clients peuvent apporter leurs propres contenants et ainsi contribuer à lutter contre la quantité croissante de déchets d’emballage. De telles initiatives recueillent de plus en plus notre approbation, tandis que nous évitons certaines entreprises en raison de leurs pratiques.

L’investissement durable fonctionne selon le même principe. Comme pour nos courses au supermarché, il tient expressément compte de critères écologiques, sociaux et de gouvernance dans le choix des placements. L’investissement durable permet ainsi d’obtenir un rendement appréciable tout en faisant une bonne action.
Concrètement, l’investissement durable se fait selon trois approches principales:

Premièrement, la méthode par «exclusion», qui consiste à éliminer d’un portefeuille existant tous les titres qui ne correspondent pas aux valeurs personnelles de l’investisseur, par exemple les fabricants de cigarettes ou d’armement. Une telle démarche est toutefois assez grossière.

La deuxième approche, par «intégration», implique de constituer un portefeuille à partir de zéro. On passe alors au crible les critères écologiques, sociaux et de gouvernance (ESG). Par exemple, les entreprises doivent respecter des normes élevées concernant la limitation de la pollution, le respect des droits de l’homme et la lutte contre la corruption.

La troisième méthode est l’«investissement d’impact», qui n’a cessé de progresser ces dernières années. Il s’agit de placements capables d’avoir un effet quantifiable sur l’environnement et la société. Par exemple, des projets d’investissement dans le soutien aux infrastructures, l’éducation ou la recherche médicale.

UBS a récemment publié une étude Investor Watch qui analyse en détail la position des investisseurs privés fortunés vis-à-vis de l’investissement durable. Un total de 5300 particuliers aisés du monde entier ont été interrogés, dont 400 en Suisse. Cette étude révèle que les valeurs du développement durable occupent une place importante dans le quotidien des Suisses interrogés.

Près de trois quarts d’entre eux s’efforcent ainsi d’éviter d’acheter les produits d’entreprises recourant à des pratiques discutables du point de vue de l’environnement, de la société ou du respect des lois.

Cela dit, un gros tiers seulement de ces investisseurs appliquent ces principes à leurs placements financiers. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. Un obstacle majeur semble être le manque de connaissances concernant ce nouveau mode d’investissement. Près de deux tiers des sondés ont reconnu que la difficulté à quantifier les effets des placements durables et la terminologie complexe du domaine les dissuadent d’opter pour de telles solutions.

D’après l’étude, seul un petit nombre d’investisseurs estiment que les placements durables péjorent le rendement. Une petite moitié pensent même qu’à long terme, les investissements durables surperformeront les placements conventionnels. C’est d’ailleurs ce que confirment de nombreuses études empiriques.

Une nette majorité des sondés estiment enfin que les placements durables vont se généraliser. Environ 77% sont d’avis que les entreprises durables sont plus responsables, plus soucieuses du long terme et généralement mieux gérées - et constituent donc de bons placements.

* Economiste responsable pour la Suisse romande, UBS






 
 

AGEFI



...