L'industrie pharmaceutique veut accélérer les procédures d'homologation

vendredi, 06.12.2019

Interpharma a présenté dix mesures permettant à la Suisse de consolider sa position de pointe, celle-ci cédant "progressivement du terrain face à la concurrence internationale".

Le document met aussi l'accent sur les patients, ceux-ci devant à l'avenir pouvoir bénéficier plus rapidement de traitements innovants.(Keystone)

L'industrie pharmaceutique suisse souhaite une accélération des procédures d'homologation ainsi que de nouveaux systèmes de fixation des prix. Selon la faîtière de la branche, Interpharma, ces mesures, parmi d'autres, doivent assurer la pérennité des activités du secteur dans le pays, lequel occupe le premier rang en Europe.

Dans son rapport stratégique "La place pharmaceutique suisse en 2030", présenté vendredi à Zurich, Interpharma a présenté dix mesures permettant à la Suisse de consolider sa position de pointe, celle-ci cédant "progressivement du terrain face à la concurrence internationale". L'association mise sur une rationalisation des processus et aussi la protection de la propriété intellectuelle.

Le document met aussi l'accent sur les patients, ceux-ci devant à l'avenir pouvoir bénéficier plus rapidement de traitements innovants. En la matière, Interpharma estime que la Suisse se situe à la traîne des autorités sanitaires américaine (FDA) et européenne (EMA). Objectif visé: accélérer les procédures d'homologation, les demandes à Swissmedic devant être soumises avant celles adressées à l'EMA, a dit Jörg-Michael Rupp, président d'Interpharma et employé du géant bâlois Roche.

Interpharma appelle aussi de ses voeux des décisions plus rapides en matière de prix. Les patients devront à l'avenir pouvoir bénéficier de médicaments innovants dès le premier jour de leur autorisation de mise sur le marché par Swissmedic.

Innovation requise en matière de prix

L'assouplissement des mécanismes de fixation des prix et des tarifs par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) stimule l'amélioration de l'efficacité dans le système de santé et assure un financement pérenne des traitements, poursuit Interpharma. La faîtière veut aussi favoriser une certaine innovation en la matière, les nouvelles thérapies, souvent très coûteuses, mettant le système à l'épreuve.

"Des systèmes de tarification fondés sur les avantages sociaux constitueraient un point de départ pour d'autres négociations", a poursuivi M. Rupp.

Interpharma mentionne aussi le rôle de plus en plus important des nouvelles technologies dans la recherche pharmaceutique. "Notre industrie est de plus en plus confrontée à la question de savoir comment protéger adéquatement la propriété intellectuelle à l'ère de l'intelligence artificielle et du big data", a expliqué Matthias Leuenberger, président de Novartis Suisse et membre du conseil d'administration d'Interpharma.

A l'horizon 2030, la Suisse doit jouer un rôle de pionnier dans la protection de la propriété intellectuelle. Au travers d'une collaboration plus efficace des diverses autorités dans les processus d'approbation, a ajouté M. Leuenberger. Cela permet également d'utiliser des données de plus en plus complètes sur les patients à des fins de recherche.

De l'avis d'Interpharma toutes ces mesures dépendent cependant de la disponibilité de personnel qualifié et de conditions-cadres appropriées. La stabilité politique, l'accès réglementé aux marchés d'exportation les plus importants, la possibilité d'engager les personnes les plus qualifiées au niveau mondial et un environnement fiscal attrayant, jouent à cet effet un rôle clef.

Premier exportateur

Selon M. Leuenberger, Novartis investit pas moins de 3,4 milliards de francs dans la recherche et le développement en Suisse. En comparaison, le chiffre d'affaires réalisé en Suisse se monte à 800 millions et la charge fiscale à 700 millions.

De loin premier secteur exportateur, l'industrie pharmaceutique suisse joue un rôle décisif pour la croissance économique de la Suisse et en tant que moteur de l'emploi. La branche employait à fin 2018 46'800 personnes et son activité bénéficie à 207'000 postes
supplémentaires dans d'autres secteurs économiques. Elle représente ainsi près d'un actif sur vingt.(awp)






 
 

AGEFI




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