La Valote Martin, pionnière du bio

dimanche, 05.05.2019

Installée à Boveresse, l’authentique distillerie tient son nom «Valote» d’une contraction de Val-de-Travers et Malotte, une célèbre distillatrice clandestine.

Sophie Marenne

Francis Martin. Le distillateur cultive et sèche ses plantes lui-même. (Guillaume Perret)

Si la distillerie La Valote Martin a été officiellement fondée en 2005, à la fin de la prohibition, son histoire s’enracine dès 1972, au moment où Francis Martin s’installe dans une petite maison dans la forêt, au-dessus du village de Travers. «Il avait hérité d’une recette d’un de ses trois oncles, tous distillateurs clandestins», raconte son fils, Philippe Martin. Le patriarche a ainsi distillé illégalement, à la demande, pendant 33 ans, puis il a poursuivi légalement cette activité à la libération de la fée verte.

Depuis 2010, La Valote Martin est installée dans un bel édifice datant de 1777, à Boveresse. Elle dispose de deux caractéristiques uniques, par rapport aux autres distilleries de la région: un jardin où poussent cinq des dix plantes nécessaires aux recettes – grande et petite absinthe, menthe, hysope et mélisse – et un séchoir d’époque qui se trouve sous les combles. Utilisé depuis plus de deux siècles, il abrite jusqu’à 400 bouquets.

Après avoir travaillé treize ans au sein d’une multinationale américaine, Philippe Martin a repris le flambeau en 2014, bien que son père reste dans les parages. La production du spiritueux à la grenouille, du sobriquet des habitants de Boveresse, s’élève à 9000 litres annuels, pour dix absinthes différentes, distribuées dans tous les cantons. La dernière en date est une complète nouveauté qui a nécessité deux ans et demi de travail et l’adaptation de la recette: la première  et, pour le moment, la seule absinthe bio de Suisse.

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AGEFI



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