Suisse – Union européenne, les données chiffrées qui éclairent le vote sur l’immigration

vendredi, 31.07.2020

Initiative de limitation. Le grand voisin européen perd en importance mais reste le partenaire commercial dominant de la Suisse, bien loin devant les Etats-Unis ou la Chine.

Sophie Marenne & Diana Da Costa

La libre circulation des citoyens de l’Union européenne (UE) en Suisse engendrerait une immigration de masse qui pèserait sur le marché de l’emploi et les assurances sociales suisses. C’est ce que clame l’Union démocratique du centre (UDC). Le 27 septembre, la population s’exprimera sur l’initiative populaire «Pour une immigration modérée» de la droite conservatrice. Ce projet souhaite biffer l’accord bilatéral sur la libre circulation des personnes (ALCP), provoquant potentiellement la chute de six autres accords entre la Suisse et l’UE. 

Avant de se prononcer, interrogeons-nous sur le poids de l’UE dans les relations que la Suisse entretient avec le monde. «C’est le partenaire dominant», atteste Cédric Tille, professeur d’économie à l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) de Genève. La raison est toute simple: la géographie. «Les relations entre pays, tant commerciales que financières, sont déterminées par une équation de gravité. Le coefficient de distance y est essentiel: plus vous êtes loin, moins vous échangez», indique ce spécialiste de la macroéconomie internationale. 

Néanmoins, cette domination de l’UE s’affaiblit, en particulier dans le commerce des biens. 

L’ancien économiste chercheur à la Federal Reserve Bank of New York explique: «D’abord l’UE ne s’est pas très bien portée durant ces dix dernières années. Ensuite, la structure des exportations suisses a changé. Au-devant de l’horlogerie et des machines, la pharma et la chimie représentent désormais la moitié de nos exports: un marché très global.»

Le paysage des relations commerciales de la Suisse reflète finalement l’évolution des PIB: les pays émergents et surtout l’Asie gagnent en envergure au détriment de l’Europe. «C’est une tendance de fonds», dit-il encore, convaincu que ce mouvement se poursuivra. S’il juge difficile de prévoir l’impact de la pandémie durant les trois ans à venir, Cédric Tille s’attend à voir le poids de l’UE continuer à diminuer graduellement. «Mais ce n’est pas demain la veille qu’elle sera secondaire.»

>>Retrouvez l'infographie des échanges Suisse - UE 






 
 

AGEFI



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