Impressions du Swiss Economic Forum

mardi, 15.09.2020

Daniel Kalt / James Mazeau *

Daniel Kalt / James Mazeau

Cette année, le grand rendez-vous annuel de l’économie helvétique, le Swiss Economic Forum (SEF), a été entièrement placé sous le signe de la pandémie du Covid-19.

Cet événement permet au millier de participants d’obtenir une vue détaillée et à jour de la marche des affaires et des perspectives d’avenir des branches les plus diverses de l’économie helvétique.

La manifestation a débuté par l’attribution du Swiss Economic Award, prix le plus prestigieux des jeunes entreprises de Suisse. Les lauréats sont choisis parmi des start-ups dont le concept commercial a récolté les premiers succès économiques dans l’une de ces trois catégories: services, haute technologie/biotechnologie et production/industrie.

Les neuf finalistes ont souligné le potentiel innovant avec lequel maintes entreprises du pays poursuivent – et trouvent – le succès. La grande variété des technologies et des modèles d’affaires novateurs représentés au concours a clairement rappelé que le succès commercial de la Suisse dépendra aussi de l’entrepreneuriat et de l’innovation.

Cela est d’autant plus vrai pendant et après la crise actuelle déclenchée par la pandémie. Ce ne sont pas en premier lieu les programmes de relance étatiques mis en avant au forum par le ministre de l’économie, Guy Parmelin, qui vont venir à bout de la crise, mais les milliers d’entrepreneurs qui y sont confrontés.

En effet, c’est à eux qu’il incombe de prendre des décisions difficiles et d’apporter des modifications stratégiques parfois substantielles à leur modèle d’affaires afin d’adapter leur entreprise à ces conditions tout à fait inédites.

Dans ce contexte, les discussions menées au SEF ont donné quelques raisons de s’inquiéter. Globalement, une image parfois très hétérogène de la marche actuelle des affaires a émergé, selon la branche. Sur le marché de l’emploi, les conséquences de la récession historique causée par le confinement s’avèrent jusqu’ici comparativement mineures.

Cependant, il apparaît que, particulièrement chez les moyennes et grandes entreprises qui souffrent d’un ralentissement durable de l’activité, des ajustements significatifs et une réduction correspondante des effectifs restent encore à venir.

D’un côté, maints entrepreneurs ont, pendant la phase initiale de la pandémie et lors de la réouverture de l’économie qui a suivi, d’abord voulu se faire une idée de la mesure et de la rapidité du rétablissement des affaires. Cela avant de procéder à des diminutions importantes des capacités et de la main d’œuvre.

Dans ce contexte, l’expansion des possibilités de recourir au chômage partiel a certainement aidé. Mais les mois d’automne et d’hiver qui s’annoncent pourraient s’avérer rudes non seulement au niveau du nombre de nouvelles infections, mais aussi de l’évolution du marché du travail. Une nouvelle hausse du chômage ne peut être exclue.

D’un autre côté, il y a aussi des actualités positives concernant la pandémie, notamment sur le plan médical. Par exemple, l’amélioration constante des possibilités de traitement médicamenteux, ainsi que la perspective que l’un ou l’autre des nombreux vaccins en phase d’essai se montre efficace.

Il existe donc l’espoir de trouver un jour une solution qui tracerait la voie vers une réouverture encore plus rapide et une normalisation correspondante de l’activité économique. Cela reste une course contre la montre, comme en sont bien conscientes de nombreuses entreprises présentes au SEF et confrontées à des choix difficiles dans les semaines à venir.

* Chef économiste Suisse / Economiste, Chief Investment Office UBS Global Wealth Management






 
 

AGEFI



...