Les investissement ESG ne sont plus juste un effet de mode

lundi, 03.06.2019

Ils sont passés du statut de simple critère de sélection à celui de partie intégrante de l’ADN des gestionnaires d’actifs.

Thomas Schär*, Imen Hassayoun**

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les critères ESG sont devenus si importants pour les gestionnaires d’actifs ainsi que pour leurs dirigeants. De par notre expertise, nous avons pu identifier les raisons clés qui expliquent pourquoi ces critères ESG gagnent en popularité:

  • Les institutions de prévoyance, les fonds de pension, les fonds souverains et d’autres investisseurs institutionnels, ayant établi leurs propres exigences ESG, ont une forte demande en matière de produits ESG.
  • L’engouement pour des produits durables répondant aux critères ESG a connu une forte croissance auprès de clients fortunés ainsi que de particuliers.
  • Les nouvelles stratégies ESG actives ou passives ont réussi à attirer d’importants nouveaux flux d’argent.
  • Les études/recherches menées par des universités, des organisations non gouvernementales ou des institutions financières ont clairement démontré que les entreprises ayant une notation ESG élevée sont plus performantes que celles ayant une notation faible. D’autres études similaires ont révélé que les entreprises qui améliorent leur notation ESG ont par la suite surperformé leurs concurrents.

La COP 21 (21e Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques), les engagements des Nations Unies en matière de développement durable, tout comme plusieurs pays et gouvernements ont mis les questions environnementales et climatiques au centre de leurs priorités, ce qui a eu pour effet de créer une dynamique positive en faveur des pratiques durables.

L’évolution majeure que nous avons pu observer est que les produits ESG représentent aujourd’hui une partie intégrante des stratégies de gestion de portefeuilles et d’analyses sectorielles. La plupart des CEO ou CIO orientent des changements dans leur structure organisationnelle afin de s’assurer que les normes ESG soient appliquées au cœur des activités de leur société.

Taxonomie commune 

Au cours des prochaines années, nous pensons que les organismes de réglementation et les organisations non gouvernementales définiront les principes ESG de manière claire et au bénéfice de l’industrie. La création d’une taxonomie commune permettrait aux gestionnaires d’actifs, aux sélectionneurs de fonds et à toutes les parties concernées de donner aux investisseurs plus de transparence et de certitude quant aux enjeux des produits ESG et leurs répercussions sur les investissements. Grâce à une approche de sélection claire et uniforme, les clients ne seront plus induits en erreur par des allégations relatives à leur investissement, communément appelées «écoblanchiment» (ou greenwashing).

L’un des plus grands défis sera d’améliorer la transparence du reporting ESG sans être redondant avec les obligations réglementaires existantes (par exemple AIFMD, EMIR, MIFID II). Les régulateurs et toutes les parties concernées devront s’aligner pour maintenir un cadre de reporting simple, lisible et transparent.

Mieux analyser les données

En plus de la création d’une taxonomie commune, les gestionnaires d’actifs devront gérer une surabondance de données, ce qui nécessitera des méthodologies de collecte et d’analyse quantitatives et plus avancées des données.

Un investisseur ou un conseiller en investissement qui consulte un rapport ESG pourrait baser son analyse uniquement sur une seule méthode de calcul d’indice. Afin d’être plus efficace, toute méthodologie et mesure ESG devra donc faire l’objet de recherches approfondies et robustes.

Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, nous estimons qu’il est temps pour les normes ESG d’être considérées comme une science et moins comme un art.

*Senior Consultant, Alpha FMC

**Consultant, Alpha FMC






 
 

AGEFI



...