Fin de Billag: le canton de Fribourg en discussion avec Berne

samedi, 08.04.2017

Il n'y aura pas de compensation directe à la perte du mandat d'encaissement de la redevance radio-tv par Billag.

Pas moins de 250 personnes travaillant pour Billag sont sur la touche depuis le 10 mars.

Le ministre fribourgeois Olivier Curty a rencontré Doris Leuthard pour évoquer la compensation directe à la perte du mandat d'encaissement de la redevance radio-tv par Billag. Des "pistes intéressantes" ont toutefois été évoquées, selon M. Curty.

"Nous avons eu une discussion avec la présidente de la Confédération, Doris Leuthard", dit Olivier Curty dans un entretien paru samedi dans La Liberté. S'exprimant jusqu'ici peu dans les médias sur le dossier, le ministre fribourgeois de l'économie explique avoir pu, lors de cette rencontre, faire part de son mécontentement et de son incompréhension à Mme Leuthard.

Pas moins de 250 personnes travaillant pour l'entreprise sont sur la touche depuis le 10 mars. Cela "porte un coup sévère au marché de l'emploi fribourgeois", avait alors réagi le gouvernement fribourgeois. C'est la société zurichoise Serafe qui succédera à Billag dès 2019. Tout doit être fait pour que les collaborateurs de Billag puissent utiliser leurs compétences au sein de l'entreprise reprenant le mandat, avait exigé l'exécutif cantonal.

La conseillère fédérale s'est montrée "sensible à la situation" et "a évoqué des pistes intéressantes" concernant la suite, rapporte M. Curty. Mais le canton ne doit pas s'attendre à une compensation directe, ajoute-t-il sans préciser la substance de ces pistes.

L'Etat de Fribourg a également rencontré mardi le directeur de Swisscom, dont Billag est une filiale, fait savoir le ministre en charge de l'économie. Les signaux venant du géant bleu "sont très positifs par rapport à la suite".

Le 10 mars, le directeur de Billag, Ewout Kea, n'excluait pas une reconversion d'une partie du personnel auprès de Swisscom. Une reconversion possible pour certains seulement: l'essentiel des collaborateurs, établis dans la région, sont des mères de famille à temps partiel qui ne peuvent pas facilement travailler à Berne ou ailleurs, avait-il nuancé.

L'entreprise fribourgeoise détenait le mandat d'encaissement de la redevance radiotélévision depuis 1998. L'appel d'offres avait été lancé en été 2016. Trois entreprises y avaient répondu. L'Office fédéral de la communication n'avait pas voulu divulguer le nom du troisième postulant.

Serafe proposait l'offre la plus avantageuse économiquement, argumentait le Département fédéral de la communication le jour de l'annonce. Le prix avancé par la firme zurichoise s'élève à 123 millions de francs pour la durée de son mandat qui est de sept ans, soit 17,6 millions par an. Dans le régime actuel, Billag touche 54 millions chaque année. (awp)


 

 
 



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