L’impact du Covid sur l’immobilier en Europe

mardi, 04.08.2020

Il n’y a pour l’instant pas de ventes en catastrophe. De plus, les prix des meilleurs actifs ne cessent d’augmenter.

Ruslan Goryukhin*

Ruslan Goryukhin

Les avis divergent quant aux conséquences de la pandémie Covid-19 sur l’économie mondiale dans son ensemble, et sur le secteur immobilier en particulier. 

Comme dans toute crise, on ne peut pas être sûr, à l’heure actuelle, d’avoir déjà une vue d’ensemble complète ou seulement une partie émergée de l’iceberg. C’est pourquoi il faut être prudent avec les prévisions hâtives. Néanmoins, en supposant que la première vague de la crise soit passée, nous pouvons tirer quel­ques premières conclusions.

Bien que certains segments de l’immobilier souffrent de la baisse du revenu locatif, il n’y a pour l’instant pratiquement pas de ventes en catastrophe sur le marché. De plus, les prix des meilleurs actifs ne cessent d’augmenter, ce qui peut s’expliquer par plusieurs raisons. Tout d’abord, les paiements hélicoptères initiés par la plupart des pays amorti la chute et soutenu la situation générale du marché. Deuxièmement, le programme QE de la BCE soutient l’économie réelle par le biais des banques qui sont inondées de liquidités à taux bas. Cela entraîne un plus grand appétit pour les biens immobiliers «Core» et une nouvelle compression des rendements.

D’autre part, bien que les rendements aient chuté en raison de la baisse des taux d’intérêt, il n’y a actuellement pas beaucoup de produits de haute qualité à vendre sur le marché. L’immobilier est perçu comme une classe d’actifs à faible risque, c’est pourquoi les propriétaires préfèrent le conserver jusqu’à ce que la situation sur les marchés se stabilise.

Ainsi, on aurait pu s’attendre à une correction des prix sur le marché immobilier une fois les mesures de confinement annoncées en Europe, mais à tort. Les mesures prises par les autorités financières européennes ont globalement permis de surmonter l’incertitude économique et sociale créée par la crise. La question est de savoir combien de temps ce paradoxe va perdurer. Nous devons espérer que nous voyons l’ensemble du tableau et pas seulement la partie émergée de l’iceberg.

Pour citer Credit Suisse: «Il est vrai que le marché immobilier ressentira inévitablement les effets de la crise actuelle, mais il ne sera pas mis à genoux». Bien que les investisseurs doivent effectuer des contrôles diligents plus précis en ces temps, le marché immobilier continue de représenter une opportunité d’investissement attrayante et sûre, tant dans le segment commercial que résidentiel.

* Investisseur immobilier russe, ex-PDG de Stroygazmontazh






 
 

AGEFI



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