Il n’y a pas de diktat de l’Union européenne

lundi, 04.03.2019

Frank Leutenegger*

Frank Leutenegger

Dans deux articles parus ce 21 février («La sécurité de la Suisse en ligne de mire», de Claudine Amstein, et «Loi sur les armes: une révision qui protège la Suisse», de Stéphanie Ruegsegger), les mêmes arguments sont présentés de manière péremptoire:

Il n’y a pas de diktat de l’Union européenne, la révision ne change pratiquement rien pour les propriétaires d’armes et les accords de Schengen sont indispensables à la Suisse.
Le tourisme souffrirait, car les visiteurs de pays extra-européens ne pourraient plus venir comme ils le font actuellement avec un visa Schengen. Mais, qu’est-ce qui empêche la Suisse de reconnaître le visa Schengen, même sans en faire partie?

Les accords de Schengen tomberaient à cause d’une «clause guillotine». Précisons que le 18 mars 2016, le Conseil fédéral, dans une réponse à une députée expliquait que «la non-reprise éventuelle par la Suisse d’un développement peut conduire, dans le cas le plus extrême, à une cessation de la coopération Schengen et par là, de manière automatique, de la coopération Dublin».

Dans le cas le plus extrême... mais l’Europe peut-elle se permettre d perdre le marché suisse? En 2017, la Suisse a exporté en Europe pour 117 milliards de francs de marchandises. Elle en a importé pour 132 milliards.

Quant à la sécurité que garantit Schengen, rappelons que grâce au système d’informations de Schengen, la police suisse arrête en moyenne une personne par jour. Avant Schengen, les garde-frontières en arrêtaient 110 par jour (Swiss Info, février 2007).

Quant à l’asile, pouvez-vous expliquer le mécanisme qui pourrait nous obliger à accueillir les réfugiés dont l’Europe ne veut pas?

Enfin pour résumer nos craintes injustifiées, les restrictions imposées par la loi seraient énormes. Certes, le militaire pourrait garder son arme, mais il ne pourrait ni la revendre, ni la céder en héritage. Le permis pour n’importe quelle arme semi-automatique passerai de 50 à 150 francs. En outre, les directives européennes sont révisées tous les cinq ans et on sait déjà que, dans le domaine des armes, le projet est d’interdire de manière définitive les armes semi-automatiques. Ce ne sont là que quelques exemples de nos craintes injustifiées.

* Oron-le-Châtel






 
 

AGEFI



...