5 thèmes clés pour investir cette année

mercredi, 27.02.2019

Il est évident que de nouvelles opportunités d’investissement surgiront. Voici quelques pistes pour vous aider à manœuvrer sur les marchés.

Christophe Braun*

La volatilité est de retour. Préparez-vous à ce qu’elle augmente

Les investisseurs peuvent s’attendre à ce que la volatilité se maintienne, en raison de la persistance possible des grandes tendances à l’origine des turbulences l’année dernière. Parmi elles, la poursuite de la guerre commerciale sino-américaine, la hausse des taux de la Fed et l’accumulation de dettes.

Les dirigeants américains et chinois ont entamé des pourparlers afin de résoudre leur différend. Les investisseurs sont toutefois conscients que le désaccord pourrait s’éterniser si les droits de douane continuent de perturber les flux de marchandises.

La Fed a indiqué qu’elle marquerait peut-être une pause ou qu’elle ralentirait le rythme de remontée des taux en 2019. Alors que cela rassurera sans doute les investisseurs préoccupés, la Fed continue de vendre des actifs pour réduire son bilan, ce qui contribue au resserrement des conditions monétaires qui, combiné à l’incertitude relative aux intentions de la Fed, pourrait alimenter la volatilité.

En parallèle, les agences publiques, les consommateurs et les entreprises ont largement profité des niveaux historiquement bas des taux ces dernières années pour s’endetter de plus en plus. À mesure que le coût du service de la dette augmente, les emprunteurs pourraient devoir limiter leurs dépenses.

Bien que la volatilité soit déstabilisante, elle fait partie du fonctionnement des marchés. Les investisseurs capables de garder la tête froide, avec une vue à plus long terme seront récompensés. Plutôt que de prendre des décisions impulsives, assurez-vous que vos portefeuilles soient bien diversifiés pour résister aux secousses des marchés.

Rester investi, un facteur pouvant être déterminant pour enregistrer des gains

Les signes annonciateurs d’un marché durablement baissier ou d’un ralentissement économique ont tendance à mettre les investisseurs sur la corde raide, ce qui est compréhensible. Les fortes corrections boursières sont des moments difficiles à vivre et peuvent inciter les investisseurs à abandonner leurs valeurs pour éviter de nouvelles douleurs. Les périodes d’agitation et de contraction brutale des marchés se sont par la suite révélées être les meilleurs moments pour investir.

Les marchés actions ont enregistré une hausse au cours de la plupart des mois. Et certaines des progressions les plus fortes correspondent à des phases où les actions ont rebondi de ces périodes de contraction. Quelle leçon faut-il en tirer? En tentant d’anticiper les mouvements des marchés pour éviter l’impact d’un ralentissement économique, les investisseurs peuvent passer à côté de remontées spectaculaires, ce qui peut limiter le niveau global de leurs résultats.

Opter pour un portefeuille d’actions diversifié

Ces dernières années, les investisseurs n’ont pas récompensés pour leurs efforts de diversification. Mais les turbulences récentes rappellent que rien n’est éternel. Le principe de diversification reste valable: d’une année à l’autre, c’est une classe d’actifs différente qui tient le haut du pavé. À l’évidence, toutes les opportunités ne se valent pas. C’est pourquoi il est important d’identifier les sociétés assorties de bilans solides et de flux de trésorerie abondants, et qui veillent à maintenir leurs dividendes durant les phases de repli.

Pendant près de dix ans, les marchés actions internationaux et émergents ont nettement sous-performé le marché américain. Cette tendance pourrait bien se maintenir en 2019, compte tenu d’un calendrier politique européen bien rempli qui pourrait pénaliser encore les cours: Brexit, élections législatives européennes et désignation d’un nouveau président de la BCE.

Il n’en reste pas moins remarquable que dans de nombreux secteurs, certaines sociétés non-américaines comparables affichent des valorisations inférieures à celles de leurs homologues ayant leur siège aux États-Unis. Airbus et Boeing, ou encore Adidas et Nike, ne sont que quelques exemples. Samsung se négocie à six fois son PER à terme, un niveau pratiquement inédit parmi les géants technologiques américains. La plupart de ces sociétés affichent un bilan solide, avec des activités prospères et pérennes. À terme, ce sont les fondamentaux qui guident les résultats boursiers d’une société, et non l’adresse de son siège ni les turbulences politiques.

Le temps est peut-être venu de perfectionner vos portefeuilles obligataires

Quelles que soient les circonstances, un portefeuille doit toujours comporter des positions obligataires «core». Mais à l’approche de la fin de cycle de nombreuses économies en 2019 et compte tenu de la forte volatilité des marchés actions, les investisseurs doivent impérativement veiller à ce que ces positions viennent équilibrer leur portefeuille. En d’autres termes, il convient de viser les titres offrant certaines des quatre qualités obligataires suivantes: diversification par rapport aux actions, revenu, préservation du capital et protection contre l’inflation.

Une vision de long terme

Les événements macroéconomiques et politiques peuvent causer des turbulences à court terme, mais les fondamentaux des entreprises portent les marchés à long terme. Les progrès technologiques et l’évolution démographique transforment les industries, créant de nouveaux marchés gigantesques pour les sociétés innovantes et agiles. Le secteur du cloud a par exemple connu un véritable essor. Le déplacement de la charge de travail informatique vers le cloud dope la demande de services des deux leaders Amazon Web Services et Microsoft Azure.

Dans les biotechnologies, les progrès rapides nous rapprochent plus que jamais d’un remède contre le cancer. Abbvie et Gilead Sciences ont investi massivement dans le développement de thérapies anticancéreuses. Quant aux transports aériens à l’international, plus de 100 millions de personnes ont pris l’avion pour la première fois en Asie en 2017, ce qui signale une hausse de la richesse dans cette région. D’ici 2036, on devrait atteindre 7,8 milliards de passagers transportés dans le monde, ce qui dopera à coup sûr la demande de nouveaux appareils.

*Directeur d’investissement chez Capital Group






 
 

AGEFI



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