Hygiène durable d’entreprise

vendredi, 21.02.2020

Pécub

Apparition spontanée de symptômes inexpliqués. Diagnostics de dépistage difficiles à interpréter. Territoires d’observation impossibles à circonscrire. Le top management nomme un chef de projet. La mission, une charte, des directives, une stratégie de communication, des formations adaptées, maîtrise sans faute de la situation, en cas de contamination à risque, notre entreprise elle fait quoi ? Le désigné volontaire n’a pas le choix, l’urgence commande la diligence. Le microbe envahisseur, lui, il a déjà pris ses quartiers.

Réflexe spontané et professionnel du chef de projet nommé responsable, appeler Florence, l’infirmière en hygiène hospitalière de l’hôpital régional. Dites-nous Florence, votre savoir-faire hospitalier est-il reproductible à l’usine ? Evidemment oui, la théorie et la pratique des protocoles sont compatibles, cependant le ressenti des populations concernées peut diverger. Les bons gestes essentiels, la propreté des lieux sanitaires, les contacts de travail en alerte warning transfert, le cortex frontal en éveil maximal. La prise de conscience et les comportements en conséquence. On peut se rencontrer, vous pouvez nous accompagner, nous établir une feuille de route ? Pour gérer l’urgence, votre infirmier, infirmière du travail, il, elle est sur place. Avez-vous regardé le Professeur Didier Pittet et Isabelle Moncada à la télé ? C’est un bon point de départ.

La mise en quarantaine de Vaud, Genève ou Fribourg n’est pas d’actualité, cependant il est avisé d’anticiper. L’usine a son manager HES, Hygiène, Environnement, Sécurité, et des ressources pour fonctionner. On va faire le job, c’est une chance pour la cohésion des équipes, pour la formation en gestion de crise et la formule des trois mousquetaires, « tous pour un et un pour tous ». Comme avec Winston Churchill, un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté. Nous voilà avertis. Qui se souvient de l’invention de la petite bouteille à l’arôme de chlorhexidine, fruit du travail du team performance au bout du lac ? Cela date d’un quart de siècle. Qui se souvient des formations sur les murs de l’hôpital ? Qui se souvient des industriels contactés et qui trouvaient l’affaire pas assez rentable ? Les concepteurs-développeurs eux avaient délibérément oublié propriété intellectuelle et brevet dans un esprit humanitaire. Tout le savoir-faire existe, MRSA, VIH, SRAS, grippes saisonnières, où est donc l’erreur ?

Il se fait aujourd’hui trop de rhétorique et pas assez de pratique. On brille plus par un beau discours que par la désinfection des toilettes. Les gestes simples de prévention primaire sont oubliés, pas assez compliqués pour faire sérieux ? Se laver les mains régulièrement, tousser dans le coude, garder la distance. Ici, en Suisse, toutes les infirmières et tous les infirmiers en hygiène hospitalière sont compétentes et savent comment neutraliser le coronavirus sans attendre la permission de l’OMS. On ne passe pas entre les goutes par chance, mais plutôt par information, éducation et prévention.(awp)






 
 

AGEFI



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