Le cas du directeur de Nissan sera examiné lundi

lundi, 09.09.2019

Hiroto Saikawa, directeur général de Nissan annoncé sur le départ à la suite d'une affaire de prime indûment perçue, va passer sur le gril du conseil d'administration dans la journée de lundi.

M. Saikawa aurait fait part de sa décision de départ à plusieurs hauts responsables du groupe.(Keystone)

Le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, éclaboussé par une affaire de prime indûment perçue, compte quitter prochainement ses fonctions selon plusieurs médias japonais, alors que le conseil d'administration du groupe doit examiner lundi les conclusions d'une enquête interne.

M. Saikawa aurait fait part de sa décision à plusieurs hauts responsables du groupe. La date de son départ et le nom de son successeur ne sont pas décidés à ce stade, ont notamment indiqué le quotidien économique Nikkei et l'agence de presse Kyodo.
Sollicitée lundi par l'AFP, une porte-parole de Nissan n'était pas en mesure de confirmer ces informations dans l'immédiat.

Le conseil, auquel assisteront les dirigeants de Renault et administrateurs de Nissan Jean-Dominique Senard et Thierry Bolloré, doit débuter à 15H00 (06H00 GMT) au siège du groupe à Yokohama, près de Tokyo, et "devrait se terminer tardivement dans la soirée", selon plusieurs sources interrogées par l'AFP.

A l'agenda figurent notamment les conclusions d'un audit interne de Nissan, qui s'est penché entre autres sur un dispositif de primes appelées "share appreciation rights" (SAR), au coeur de la polémique autour de M. Saikawa.

Ce dernier avait pris les devants la semaine dernière, en confessant à plusieurs médias nippons avoir touché par le passé une rétribution excédant ce à quoi il avait droit. Il s'était brièvement excusé "pour le trouble causé" et avait assuré qu'il comptait restituer les sommes indûment perçues.

Selon les médias, M. Saikawa aurait touché 47 millions de yens (environ 400.000 euros) de manière litigieuse en 2013 sous la forme de ces SAR, qui offrent à des dirigeants un bonus en numéraire correspondant à une plus-value liée à la hausse de l'action de leur entreprise sur une période donnée.

Déjà en sursis depuis des mois

En guise de défense, M. Saikawa a rejeté la faute sur le "système mis en place sous Ghosn", dont il aurait, dit-il, bénéficié malgré lui.

En novembre dernier, Carlos Ghosn, alors PDG de Renault, président de Nissan et patron de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, a été arrêté au Japon puis inculpé pour malversations financières. Libéré sous caution, il prépare actuellement son procès, lequel pourrait s'ouvrir au printemps prochain selon ses avocats.

Cependant, d'après de récentes affirmations de Greg Kelly, ancien bras droit de Carlos Ghosn et également inculpé au Japon, M. Saikawa aurait délibérément fait différer de quelques jours la date d'exercice prévue de ses SAR en mai 2013. Ce qui lui aurait permis de gonfler sa prime, l'action Nissan ayant bondi de 10% dans l'intervalle.

M. Saikawa était déjà en sursis avant même que cette affaire n'éclate. Depuis des mois, des actionnaires de Nissan réclamaient son départ, le jugeant trop associé à l'ère Carlos Ghosn, dont il fut longtemps le protégé avant de retourner sa veste.

Sous pression, le directeur général de 65 ans avait alors promis en juin de préparer sa succession au plus vite.

Une autre démission serait aussi imminente, a affirmé vendredi l'agence Bloomberg: celle de Christina Murray, précisément responsable chez Nissan de la "compliance" (respect de l'éthique) et de l'audit interne, pour des raisons encore inconnues. Sollicité par l'AFP, le groupe n'a pas fait de commentaire.

"Priorité à l'alliance"

Par ailleurs, les autres dossiers urgents à traiter ne manquent pas chez Nissan.
Ses résultats financiers ont fondu au premier trimestre de son exercice 2019/2020, et le groupe a entamé une profonde restructuration de son outil industriel, impliquant la suppression de 12.500 emplois dans le monde.

Renault et Nissan s'efforcent aussi de reforger leur alliance, mise à mal depuis l'éviction de Carlos Ghosn, qui était la clé de voûte de l'édifice.

"Il y a des hypothèses de travail" sur une évolution des participations croisées entre les deux groupes, mais "rien n'est acté" sur le sujet, glisse à l'AFP une source proche du dossier.

"La priorité est à l'industriel et à l'alliance", insiste cette même source.
Actuellement, Renault - dont l'Etat français détient 15% du capital - contrôle 43% de Nissan, lequel possède 15% du constructeur tricolore.

Rebattre les cartes de cette alliance pourrait éventuellement permettre de ressusciter un projet de fusion entre Renault et Fiat Chrysler, qui avait avorté début juin devant les réticences de Nissan et de l'Etat français, soucieux de retisser d'abord les liens avec les Japonais.(awp)






 
 

AGEFI




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