Une invention d’urgence vaudoise d’ici dix jours dans les hôpitaux

jeudi, 30.04.2020

Helvitek Labs a lâché ses masques antipollution pour concevoir et produire des films de protection visant à protéger les visages des soignants, parfois blessés par les masques respiratoires.

Sophie Marenne

Dans le cadre de la lutte médicale et sanitaire contre le Covid-19, la start-up a inventé une structure faciale en élastomère médical qui améliore le confort et la protection du personnel

La start-up vaudoise Helvitek Labs a mis entre parenthèses quelque temps le développement de son masque antipollution haut de gamme pour contribuer à la lutte contre le Covid-19. Son objectif: concevoir une solution – en un temps record – pour protéger les soignants des blessures dues au port prolongé des masques respiratoires. Ses fondateurs, Théo-Tim Denisart et Roberto Costa, se sont décidés début mars, à l’heure où les images des visages meurtris des médecins et infirmier·ères ont commencé à fleurir dans la presse. «Nous sommes toujours en train de développer notre masque antipollution. Cela reste notre activité principale. Mais nous venions de passer beaucoup de temps sur le confort de cet accessoire. Nous avons donc tenté d’adapter ce que nous venions de mettre au point pour pallier le défaut de confort des FFP2 et N95», indique ce dernier.  
Mission accomplie: des milliers de films de protection devraient être disponible d’ici une dizaine de jours pour les hôpitaux du pays. «Nos structures faciales morphologiques seront livrées en priorité en Suisse, aux établissements qui ont déjà manifesté leur intérêt. Ensuite, Si la demande suit, nous imaginerons un déploiement plus large à l’étranger», précise Roberto Costa. Actuellement en phase d’industrialisation, la dernière version de ces dispositifs est en train d’être testée, en collaboration avec le Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV).

Composé en élastomère médical, ce petit accessoire jetable s’ajoute à l’intérieur du masque que porte un membre du personnel soignant. Il y est accroché et se jette ensuite avec, pour des raisons sanitaires. Cette couche, morphologiquement adaptée, tolère un contact prolongé avec la peau et évite une pression trop forte sur le visage.

Développé en un temps record

Fabriqué en Suisse dans un matériau venant d’Allemagne, il a été conçu en collaboration avec le bureau de design zurichois BMCO, le professeur Bruno Bürgisser de la Haute école d'ingénierie et d'architecture de Fribourg (HEIA-FR) et le cabinet d’ingénierie lausannois Inov3. Le développement, en urgence, de cette structure faciale a été soutenu par la Fondation pour l’Innovation Technologique (FIT). L’organisme spécialisé dans l’aide financière aux start-up a octroyé à Helvitek un prêt de 100.000 francs, en urgence, pour épauler son action. La réalisation du projet en un temps record a été possible grâce au soutien d’Innovaud ainsi que du Service de la promotion de l’économie et de l’innovation (SPEI).

La start-up a été fondée au début de l’année 2019 par un diplômé de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et un ancien directeur marketing de chez Swatch. Installée au sein de l’Innovation Park de l’université polytechnique lausannoise, elle vise à commercialiser des masques antipollution durables et adaptés à la morphologie de chacun, pour une meilleure protection. «Le sprint que nous venons de vivre pour développer ce film de protection nous a beaucoup aidés, en catalysant notre démarche au niveau des moules et des matériaux notamment.» Outre le duo d’associés, Helvitek Labs s’appuie sur une équipe d’une dizaine de prestataires.

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AGEFI



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