Habiter en Suisse: où sont les meilleures localisations?

mercredi, 20.03.2019

Philippe G. Müller*

Philippe G. Müller

Où revient-il le moins cher d’habiter en Suisse? Les coûts liés à la localisation ont un impact considérable sur le choix du lieu de résidence. A cette fin, il faut prendre en compte, en plus des frais du logement proprement dits – soit les coûts pour l’achat ou la location d’un logement – les impôts sur les revenus et sur la fortune, ainsi que les primes d’assurance maladie. 

L’optimisation de ces coûts liés à la localisation se trouve néanmoins limitée par le montant des revenus du ménage. En règle générale, le prix de l’immobilier est plus élevé dans les communes où la fiscalité est la plus avantageuse que dans les communes où la fiscalité est lourde, ce qui compense souvent les économies d’impôts potentielles.

En Suisse romande, la charge fiscale relativement homogène réduit de plus le potentiel d’optimisation. Si l’on compare les différentes communes pour les trois exemples de logements considérés (coûts pour un appartement en location, un appartement en PPE et une maison individuelle), c’est la commune de Tannay (VD), sur les rives du lac Léman, qui est la plus chère. Les coûts moyens liés à la région y dépassent les 80.000 francs par an. Soit 40% de plus que dans la commune la moins chère, Riemenstalden (SZ).Parmi les chefs-lieux cantonaux, c’est Genève qui est la plus chère si l’on fait la moyenne des trois exemples. En choisissant d’habiter dans la capitale la plus avantageuse, Altdorf (UR), on peut économiser un tiers de coûts par rapport à Genève. 

Si l’on considère les coûts annuels pour un appartement en PPE de 100 m2 avec un revenu brut du ménage de 150.000francs, les dépenses varient suivant le lieu de résidence entre 39.000 francs (Dalpe, TI) et 65.500 francs (Saanen, BE). La part des coûts du logement proprement dits représente en moyenne 38% de cette somme. 

Dans les cantons où la fiscalité est avantageuse comme Schwytz et Zoug, le prix plus élevé des logements individuels compense en grande partie les économies d’impôts. En Suisse romande, les coûts liés à la localisation sont nettement plus élevés. 

Avec plus de 60.000 francs par an, Lausanne et Genève sont les chefs-lieux les plus onéreux de Suisse. Les différences de coûts sont plus importantes qu’en Suisse alémanique et s’élèvent en moyenne à 12.500 francs pour tous les cantons. La vie en Valais est la moins chère de toute la Suisse romande, à l’exception des stations huppées.

Pour un revenu brut du ménage de 120.000 francs et en tenant compte des coûts de location annuels d’un appartement de 100 m2, les dépenses varient suivant le lieu de résidence choisi entre 35.000 francs (Medel, GR) et 75.000 francs (Tannay, VD). Les coûts du logement représentent en moyenne 50% des coûts liés à la région. 

Dans cet exemple, c’est le montant du loyer qui provoque les plus grandes disparités dans les coûts liés à la localisation. Ceux-ci sont notamment influencés par la distance entre le lieu de résidence et le centre urbain le plus proche. C’est dans les grandes agglomérations que les prix sont les plus élevés (à l’exception de Lausanne). Sur l’arc lémanique, les loyers élevés font s’envoler les charges liées à la localisation.

* Economiste responsable pour la Suisse romande, UBS






 
 

AGEFI



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