Google "n'est pas l'ennemi des médias, c'est tout le contraire"

mercredi, 05.12.2018

Google est un des principaux fournisseurs de liens vers des articles de presse, notamment via sa fonction "actualités".

Le moteur de recherche est aussi accusé de vampiriser les éditeurs, sans contrepartie. (Keystone)

Le journalisme de qualité est bon pour les affaires de Google, relève le géant californien, qui critique la lenteur d'adaptation des médias face à l'évolution numérique. "Nous soutenons les médias de qualité qui s'adaptent au monde actuel avec du journalisme innovant", affirme ainsi mercredi le vice-président (responsable) de Google News, Richard Gingras, dans une interview au Temps.

Comme le rappelle le quotidien romand, la multinationale américaine est un des principaux fournisseurs de liens vers des articles de presse, notamment via sa fonction "news" (actualités). Mais le moteur de recherche est aussi accusé de vampiriser les éditeurs, sans contrepartie.

Richard Gingras balaie l'idée que son groupe puisse aller à l'encontre des intérêts des médias. "News est au coeur de notre business, tout comme Search: les gens effectuent des recherches pour trouver du contenu pertinent et de qualité. Une bonne partie des technologies pour les publicités est utilisée par plus de 2 millions d'éditeurs de médias au niveau mondial. Ces technologies ne permettent à Google de générer des revenus que si ces éditeurs ont du succès... Donc nous avons tout intérêt à collaborer avec eux", affirme-t-il.

M. Gingras précise que les acteurs des médias d'aujourd'hui ne seront "pas forcément" ceux de demain. "Les gens consomment beaucoup plus d'informations qu'auparavant, mais d'une variété de sources plus importante." Il est erroné selon lui d'imputer les turbulences du secteur à Google ou Facebook. "C'est l'existence même d'internet qui bouleverse les médias."

"Nouveaux modèles"

Richard Gingras estime que les médias perdent leur énergie dans de vaines batailles. Ils seraient mieux inspirés, selon lui, "d'accepter les changements et de créer de nouveaux modèles d'affaires", pointant un manque d'adaptation: les gens, aujourd'hui, ne consomment plus les médias pour obtenir des horaires de cinéma ou consulter des petites annonces, par exemple. Pour cela, ils utilisent internet. "Les petites annonces ne reviendront jamais."

"Google n'est l'ennemi des médias, c'est tout le contraire", clame l'entreprise. La Google News Initiative par exemple en est une illustration: par ce biais, la multinationale investit 300 millions de dollars sur trois ans pour mettre des outils à disposition des éditeurs, par exemple via un service permettant aux lecteurs de médias en ligne "de s'inscrire de manière très facile et rapide pour ensuite d'abonner ou acheter des articles à l'unité".

Ce service, estime M. Gingras, est "extrêmement important vu que les revenus liés aux lecteurs sont appelés à gagner en importance par rapport à ceux tirés des annonceurs. Le patron de Google News incite aussi les médias à miser à fond sur le multimédia, avec la diffusion, en plus du texte, de podcasts, sons, vidéos notamment. Ils doivent aussi interagir avec leurs lecteurs-clients. (ats)






 
 

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