Glenmark mise sur le Biopôle pour son innovation biopharmaceutique

mercredi, 26.09.2018

Glenmark investit le Biopôle d'Epalinges, "un écosystème fertile", dans le but d'y développer l'innovation biologique.

Kurt Stoeckli est le patron de l'antenne suisse du groupe Glenmark.

Glenmark Pharmaceuticals, représentation helvétique éponyme de la multinationale pharmaceutique indienne, investit le Biopôle d'Epalinges avec pour ambition d'y installer l'intégralité de ses activités d'innovation biologique. Déjà présente en Suisse depuis 2004 avec désormais plus de 150 employés, la société compte dans un premier temps transférer une quarantaine de collaborateurs en terres vaudoises.

"A plus longue échéance, l'évolution des effectifs dépendra de l'avancement de notre portefeuille de produits en développement", précise Kurt Stoeckli, le patron de l'antenne suisse du groupe.

Les questions de recrutement figurent par ailleurs en bonne place dans les motivations pour prendre pied au sein du campus vaudois dédié aux sciences de la vie. "Le Biopôle permet d'attirer de nouveaux talents, en plus de disposer d'excellentes infrastructures et de constituer un écosystème fertile pour l'innovation", ajoute le responsable scientifique, formé notamment à Bâle et à Zurich avant d'exercer pour Novartis puis pour Sanofi.

Présence renforcée

Le site de production existant du groupe à La Chaux-de-Fonds ne sera pas délaissé pour autant, assure le responsable, mettant en exergue les 18 recrutements effectués l'an dernier.

"Lors de notre arrivée en 2004 dans le canton de Neuchâtel, nous avions promis de créer 18 emplois. A ce jour, nous disposons d'environ 160 collaborateurs dans la recherche et la production biopharmaceutique!", tient à rappeler An Phan, en charge de la communication pour la maison-mère.

Glenmark, qui revendique à l'échelle mondiale 1,2 à 1,3 milliard de dollars de revenus annuels, principalement dans les médicaments génériques, ne dispose pour l'heure d'aucun produit biologique novateur au stade commercial. "L'implantation du groupe en Suisse répond à une volonté stratégique d'orienter Glenmark vers les produits biopharmaceutiques innovants", explique Glenn Saldanha, président et directeur général de Glenmark.

Le traitement expérimental le plus avancé, le GBR 830 contre la dermatite atopique, fait actuellement l'objet d'une étude clinique de phase II. Au delà de la dermatologie, l'incubateur de produits comprend également des traitements expérimentaux dans les domaines de l'oncologie et des maladies respiratoires.

"Actuellement, l'intégralité de notre production clinique est manufacturée à la Chaux-de-Fonds, tandis que le développement clinique est géré depuis les Etats-Unis", poursuit l'héritier du fondateur du groupe Gracias Saldanha.

L'initiateur de la réorientation du groupe de génériques vers les produits originaux insiste par ailleurs sur l'autonomie financière de son groupe, qui "nous permet de mener de manière indépendante nos propres activités de découverte de substances biologiques et d'assumer le développement de nos propres produits".

Ecosystème enrichi

L'arrivée de Glenmark au Biopôle constitue une validation supplémentaire du concept vaudois de promotion des sciences de la vie. Le campus, qui ambitionne de s'établir comme une communauté dynamique et transdisciplinaire, dispose encore de réserves pour sa croissance à venir.

"Sur les 134'000 m2 pour lesquels le Biopôle dispose d'autorisations de construire, 45'000 m2 sont déjà occupés. L'enjeu principal pour nous réside dans l'anticipation de la demande. Le prochain bâtiment est déjà prévu pour 2020", assure son directeur Nasri Nahas.

Le généticien de formation souligne néanmoins que la valeur ajoutée de cet espace - fondé en 2004 par les pouvoirs publics, partagé entre acteurs académiques, jeunes pousses ou encore sociétés établies et développé grâce à des fonds privés - ne réside pas dans l'immobilier, mais bien dans l'écosystème entièrement orienté vers les sciences de la vie qu'il offre à ses membres. (awp)






 
 

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