Gioc’onda

jeudi, 02.05.2019

Gioc’onda Il gioco del’onda, en italien. Le jeu de l’onde. Le petit léonard a jeté un caillou dans la mare. Il a regardé la propagation des ondes dans l’eau. En ronds, petits au commencement, de plus en plus grands, très grands, jusqu’à l’autre bout de l’étang.

Pécub

Aux alentours de la cinquantaine, Le Vinci, en fermant les yeux, retrouvera le petit Léonard observant le phénomène oscillatoire à la surface de l’eau. L’onde dans l’eau c’est comme la vie, cela commence petit, cela se développe, cela grandit et puis cela disparaît. L’onda della vita. Il retrouvera dans ces ondes de la vie en même temps tout l’amour de Caterina sa maman et les premiers dessins de cercles sur le papier de papa. Cet amour maternel si nécessaire à s’engager avec confiance sur le chemin de l’existence. Ce papier et ces crayons si essentiels pour garder à l’esprit les observations et les inventions.

Sigmund Freud a évoqué l’abstinence sexuelle comme facteur déterminant du génie de Léonard de Vinci. Dans son travail sur la psychologie du Vinci, Freud avait-il tous les éléments nécessaires à l’analyse ? Pareil pour tous les travaux d’experts sur le sujet. La science a-t-elle la légitimité exclusive pour expliquer le fonctionnement de l’art ? Seul Léonard de Vinci a le logiciel pour expliquer Léonard de Vinci. Dans le logiciel de Léonard, le dessin est essentiel. Pas de dessin, pas de Vinci. La Joconde, la Gioconda, n’est pas un simple portrait mythique, c’est la compagne du Vinci pendant les quinze dernières années de sa vie. Elle regarde Léonard. Elle sourit à Léonard. Avec toute la tendresse d’une maman. Avec les mains protectrices qui ont caressé le petit Léonard sur les joues. Dans les biographies, le 16 juillet 1493, une Caterina âgée de plus de soixante ans est venue habiter chez Léonard de Vinci en Lombardie. Certainement sa maman. Elle mourra trois années plus tard. Léonard de Vinci dépensera 123 sols pour l’enterrement de Caterina. L’histoire n’en dit pas plus sur les sentiments entre Léonard et Caterina.

En 1515 Léonard de Vinci peindra Maria Magdalena, les seins nus. En fixant le visage de Marie Madeleine, on retrouve Mona Lisa. Les Madones, la Dame à l’hermine, l’homme de Vitruve, Saint Jean Baptiste, Salvator Mundi, Ginevra de Benci, la Vierge à l’Enfant avec Sainte Anne, la belle Ferronnière (1490), la jeune fille décoiffée (1508), le profil d’Isabelle d’Este, regardons fixement tous ces visages. La similitude saute aux yeux. La Gioconda est le visage de tous les visages peints par le Vinci. Ils sont dans la mémoire de Léonard. Quand il ferme les yeux pour retrouver un visage, surgissent du « sfumato » les mêmes traits, les mêmes proportions. En quête permanente de l’expression humaine parfaite.

Dans l’imagination de Léonard de Vinci, les visages se mélangent, se combinent, pour petit à petit n’en faire plus qu’un. Le visage sublime. Les techniques digitales d’aujourd’hui nous offrent l’occasion de refaire l’exercice. Incroyable, Léonard l’a fait sans machine learning, sans algorithmes, sans intelligence artificielle.

Il gioco del’onda c’est l’ordinateur du Vinci pour faire des mélanges, des mariages, des statistiques, des associations, des connexions. Avec l’ondulation mentale des images dans toutes les directions, le cerveau à tout moment peut vous fixer l’Eurêka de l’instant génial. Le secret de la vie éternelle se trouve quelque part dans les circonvolutions de l’imagination. Quand léonard de Vinci regarde dans les yeux son tableau le plus précieux, Gioc’onda, en souriant il lui dit, merci maman pour ton amour, ta tendresse, ta patience, ta constance. Merci papa pour ton papier et tes crayons. Pécub






 
 

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