Gestion financière active ou affectation comptable passive?

jeudi, 27.09.2018

Christian Pire"

Christian Pire

Sous cette question, le pillage et la mise sous tutelle financière directe et indirecte des Etats et des citoyens par les dérives de la gestion boursière collective dite passive ou non.

Comment et pourquoi continuer d’assimiler la création de richesse financière due à la dynamique d’une gestion quotidienne des titres, à la gestion dite «passive»? Passive dont la définition du Larousse est «subit sans réagir, suit docilement les ordres, ne joue aucun rôle actif». Deux questions principales se posent: pourquoi privilégier des solutions mathématiques au détriment des investissements directs essentiels à la stabilité économique et à la crédibilité des marchés financiers? Pourquoi payer pour une gestion passive qui n’applique que des stratégies mathématiques limitant très souvent les zones de gains et rarement les pertes?

Choix «passif» dont l’ampleur des dérives mathématiques et commerciales représente un risque très significatif de déstabilisations sociologiques, économiques, politiques et financières. La création des outils collectifs type fonds de placement devaient imposer logiquement une information financière pondérant les performances par la faiblesse des volumes échangés. Cela n’ayant pas été fait, nous sommes sous dépendance de chiffres de performance faussés quotidiennement à plus de 95%. Quelques titres échangés à la fermeture des marchés vont décider de l’évolution des valorisations comptable des fonds de placement et des indices de référence, cela en dehors de toute crédibilité financière.

Et lorsque l’on sait que ces chiffres (appelés performances) sans aucune crédibilité de réalisation financière générique servent de garantie (caution) à de multiples opérations financières à crédit et à effets de levier qui serviront de garantie à d’autres, etc., nous comprenons que le cycle de crises répétitives créé par nos propres errements nous mène «au champ de mines des fins de cycle», cité le 12 septembre par Didier Saint-Georges dans ces colonnes. Cela dit, comme l’écrit  Levi-Sergio Mutemba dans l’Agefi du 13 septembre 2018, «les choses ne sont pas si simples. La gestion passive est si bon marché et les suiveurs de tendances si euphoriques…»

Deux voies d’évolution:

- Imposer à toutes publications financières concernant les fonds de placement et autres outils collectifs, la publication de «l’indice de crédibilité de réalisation des performances annoncées (article du 14 novembre 2017)» qui pondère les variations boursières par la faiblesse des volumes échangés sur le flottant des titres, «

- Mentionner clairement que l’investisseur reconnaît avoir pris conscience que lorsqu’il investissait dans un fonds de placement, il achetait une valorisation comptable n’ayant pas systématiquement une égalité financière.

Et si la finance était l’eldorado de demain des juristes?

* www.socioecopofi.com






 
 

AGEFI



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