La croissance genevoise devrait ralentir en 2020

mercredi, 18.12.2019

Selon la Banque cantonale de Genève, la croissance du canton devrait être de 1,5% l’an prochain, contre 1,7% attendu cette année. Cette croissance modérée s’appuiera sur les secteurs de la pharma et de la chimie. Sur le front de l’emploi, le taux de chômage devrait se stabiliser à 4%, contre 2,6% à l’échelle nationale en 2020.

Matteo Ianni

La croissance s'appuiera sur les secteurs de la chimie et de la pharma en particulier. (Keystone)

Une croissance modérée. C’est ainsi que la BCGE a qualifié l’évolution de l’économie à Genève pour 2020, lors d’un point presse dédié aux prévisions conjoncturelles. Plus précisément, Genève devrait enregistrer une croissance de son PIB de 1,5% en stabilisation par rapport au 1,7% attendu cette année.

La pharma et la chimie mènent la danse

Pour l’économiste en chef Valérie Lemaigre, cette croissance «modérée» de Genève s’appuiera encore sur les secteurs de la pharma et de la chimie. Pour la bonne raison que les entreprises actives dans ce secteur souffrent moins que les autres de la conjoncture et des cycles économiques. D’autant plus que ce sont des secteurs exportateurs en croissance, qui ont sur les trois premiers trimestres de l’année franchi la barre des 16 milliards de francs.

Quid de l’horlogerie? On le sait, d’après les dernières analyses de la Fédération de l’industrie horlogère suisse, Hong Kong a perdu au mois d’octobre son traditionnel statut de première destination des exportations de montres suisses. En proie à des manifestations violentes et à l’instabilité politique, l’ex-colonie britannique est boudée par les touristes chinois. Les ventes de montres suisses y ont chuté de plus de 50%.

Malgré ces turbulences, il n'y a pas de rupture du côté des exportations pour l'horlogerie et la joaillerie, d’après Valérie Lemaigre. «Ce secteur a réussi à contourner le problème et à livrer ses produits en Chine continentale".

Autre branche économique qui a le vent en poupe, celle des services immobiliers. Le troisième trimestre a vu une forte hausse des transactions pour une valeur globale échangée de 1,192 milliard de francs. Le marché est en phase d’ajustement avec une hausse importante de la valeur des transactions de logements en PPE (+36%) qui est à mettre en parallèle avec la baisse de valeur des transactions de maison individuelles (-12%).

Les experts de la BCGE soulignent aussi que l’hôtellerie devrait tirer son épingle du jeu, malgré la cherté du franc. «Les taux d’intérêt suisses ne sont pas orientés à la hausse. Le franc restera une monnaie forte, sans toutefois s’apprécier encore», soulignent-ils. Au troisième trimestre 2019, l’hôtellerie a affiché le nombre de nuitées le plus élevé jamais enregistré sur trois mois et une hausse de 5% sur un an.

Plus de 9000 chômeurs à Genève

Sur le front de l’emploi, là aussi on parle de stabilisation. Si en 2019, le taux de chômage est descendu pour la première fois, et ce, depuis 18 ans, sous la barre des 4% (à 3,8%), il devrait néanmoins remonter à 4% l’an prochain. «Si les créations d’emplois devaient se poursuivre, permettant à Genève de demeurer en situation de plein emploi, celles-ci devraient se faire sur un rythme moins soutenu en 2020», a toutefois souligné  Valérie Lemaigre. Pour rappel, il se montait à 4,5 % en 2018, à 5,3% en 2017 et à 5,5 en 2016. 

D’après les autorités genevoises, fin novembre 2019, on comptait 9234 demandeurs d’emploi inscrits. Les secteurs qui engagent le plus sont: l'hôtellerie et la restauration (-127 chômeurs), le commerce de gros (-65 chômeurs), les activités de services administratifs et de soutien (-63 chômeurs) et les arts, spectacles et activités récréatives (-44 chômeurs). Au contraire, les plus fortes hausses du chômage sont regroupées dans la banque (+32 chômeurs), l'agriculture, sylviculture et pêche (+17 chômeurs) et le commerce et réparation d'automobiles (+15 chômeurs).

Croissance de 1,6% pour le PIB suisse en 2020

La BCGE a également présenté ses prévisions au niveau national. Elle table ainsi sur une croissance du PIB de 1,1% en 2019, et de 1,6% en 2020. «La légère amélioration du commerce mondial envoie un signal positif aux entreprises suisses dont les carnets de commandes devraient trouver des débouchés à l’exportation en 2020.» La nouvelle année pourrait ainsi être caractérisée par une économie en expansion modérée, si toutefois les tensions géopolitiques ne viennent troubler les fondamentaux.






 
 

AGEFI




...