Le secteur de la santé porté par ses «corona fighters»

dimanche, 21.06.2020

Forte dynamique pour les segments des diagnostiques, thérapeutiques, des vaccins et de la télémédecine.

Clément Maclou*

Clément Maclou

Au cours de ces derniers mois, la pandémie a placé le secteur de la santé sous les feux de la rampe. Les raisons ne tiennent pas seulement à l’union sacrée qui a rassemblé la grande majorité des laboratoires pour tracer, soigner et tenter d’éradiquer la pandémie.

Quatre segments porteurs

Du point de vue de l’investisseur, plusieurs segments se sont distingués dans cette industrie. Et ils devraient profiter encore d’une forte dynamique ces prochains mois, voire ces prochaines années, dans la mesure où ils sont directement associés à la lutte contre le coronavirus ainsi qu’à ses éventuels prolongements. Les actions des entreprises concernées ont d’ailleurs hérité du surnom évocateur de «corona fighters». La proposition est claire!

Ces segments sont au nombre de quatre. Ils incluent les diagnostiques, les thérapeutiques, les vaccins et la télémédecine. Pour ce qui relève de l’établissement des diagnostiques, il est évident que la levée progressive des mesures de confinement va s’accompagner de tests à grande échelle. Biomerieux, Diasorin, Sartorius Stedim ou encore Philips figurent parmi les principales enseignes les mieux positionnées sur ces solutions de dépistage.  Pour accroître leur efficacité, des applications de traçage sur smartphones seront aussi disponibles. 

Sur le plan thérapeutique, les traitements antiviraux offrent de meilleures perspectives à court terme et plusieurs médicaments existants, seuls ou en combinaisons, sont actuellement à l’essai. Plusieurs sociétés telles que Gilead, Novartis, Sanofi, Bayer, Teva ou Mylan fabriquent des traitements antipaludéens ou à base d’anticorps qui se retrouvent aujourd’hui sous le feu des projecteurs.

Il n’en demeure pas moins que la réponse la plus satisfaisante à cette pandémie réside d’abord et surtout dans la fabrication d’un vaccin sûr et efficace. Les développements n’ont jamais été aussi rapides, les laboratoires ont mis le turbo, de multiples technologies ont été employées, mais il faudra attendre au moins douze moins avant qu’un vaccin ne soit approuvé et mis en circulation pour le plus grand nombre. En l’occurrence, ce sont plusieurs centaines de millions de personnes qui sont sur les rangs.

Dans cette course à la formule gagnante, Moderna semble avoir pris une bonne avance, grâce à sa plateforme innovante qui exploite les acides ribonucléiques messagers, plus connus sous l’acronyme ARNm. Elle est aussi bien placée grâce à son expertise historique dans le domaine et à son partenariat avec Translate Bio pour développer un vaccin de type ARNm. Bien sûr, il faudra suivre de très près les développements entrepris par ces géants que sont Sanofi, AstraZeneca et autres GlaxoSmithKline.

Enfin, il reste le cas de la télémédecine à considérer. Avec la plus grande bienveillance. La crise lui a donné un formidable élan, alors même que ce secteur avait déjà connu une croissance importante ces dernières années. Son potentiel est énorme.

La télémédecine en forte croissance

En 2019, le marché mondial de la télémédecine approchait les 50 milliards de dollars américains. Le marché devrait connaître une croissance significative d’ici 2026, date à laquelle il devrait avoisiner les 175 milliards de dollars, ce qui représente une croissance annuelle de près de 20%. Zur Rose, Veeva System, DexCom sont quelques-unes des sociétés appelées à bénéficier de cet élan. 

Les moteurs de ce marché comprennent le coût toujours plus élevé des soins de santé traditionnels, le financement de la télémédecine, l’augmentation du nombre d’utilisateurs de la santé numérique et, plus récemment, le verrouillage mondial dû au Covid19. Car si la télémédecine était l’étoile montante du secteur de la santé, il est vrai que le coronavirus a accéléré son adoption. Comme pour le télétravail.

* Head of Consumer Trends, Decalia






 
 

AGEFI



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