Finances fédérales: le National limite les coupes dans le budget 2019

mardi, 27.11.2018

Le National a pris mardi ses premières décisions dans le cadre de l'examen du budget 2019 de la Confédération. Il a épargné le personnel fédéral.

La discussion fleuve autour du budget est planifiée jusqu'à jeudi. (Keystone)

Les tentatives de la droite de rogner dans les dépenses sont restées quasiment vaines mardi au National. Les députés n'ont pas davantage suivi la gauche qui prônait un budget 2019 de la Confédération plus généreux, notamment dans l'aide au développement.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) ne fera pas de croix sur les 77,7 millions supplémentaires prévus en 2019. La Chambre du peuple a refusé de geler son enveloppe à 3,056 milliards.

La proposition de l'UDC a été refusée par 97 voix contre 91. Un plafonnement serait justifié, vu que les charges du DFAE ont augmenté de 28% depuis 2008, a plaidé en vain Bruno Pezzatti (PLR/ZG).

De tels coups de rabot vont à l'encontre de la politique de sécurité budgétaire, a critiqué le ministre des finances Ueli Maurer. Les autres propositions de l'UDC visant des économies dans l'aide au développement et dans l'asile ont fait chou blanc.

Asile

Par 105 voix contre 85, le National a accepté de couper 45 millions dans le total de 1,265 milliard budgété pour l'aide sociale pour le domaine de l'asile. La question est toutefois plutôt formelle et porte sur les estimations des demandes.

La majorité juge la facture trop haute par rapport au recul attendu des requêtes. Cette manière de faire serait un précédent dangereux dans la gestion du budget, a critiqué Alois Gmür (PDC/SZ). Si les demandes devaient finalement augmenter, le Conseil fédéral devra prévoir une rallonge.

Par 99 voix contre 92, les députés ont en outre imposé un délai jusqu'à fin 2020 pour passer un accord de coopération en matière de migration avec l'Erythrée.

Aide au développement

La gauche, avec le soutien des Vert'libéraux, souhaitait accorder jusqu'à 341 millions de plus à l'aide au développement pour atteindre le but de 0,5% du revenu national brut pour ce domaine. Le Parlement a plusieurs fois réitéré son soutien à cet objectif, a lancé sans succès Barbara Gysi (PS/SG).

Avec un excédent budgétaire dépassant le milliard de francs, la Suisse a les moyens d'investir dans ce domaine. Cela permettra aussi d'endiguer les flux migratoires depuis le Sud, selon la socialiste. Son concept a été rejeté par 130 voix contre 60.

A défaut, le camp-rose vert demandait d'allonger l'enveloppe dans plusieurs postes pour un total de 50 millions. Ces moyens supplémentaires devraient servir à renforcer l'engagement de la Suisse contre la violence faite aux femmes et les discriminations liées au genre, selon Ursula Schneider-Schüttel (PS/FR). Le National n'a pas suivi.

Coupes transversales

La Chambre du peuple s'est prononcée plus tôt dans la matinée sur une série de coupes transversales. Elle n'en a accepté qu'une grâce à l'alliance de l'UDC et du PLR.

Par 99 voix contre 95, les députés ont décidé de raboter 19 millions de francs dans les charges de biens et services. Ils ont accepté dans la foulée de geler l'enveloppe à 4,281 milliards jusqu'en 2022.

Les autres propositions d'économies linéaires ont fait chou blanc. Par 118 voix contre 73, le National a refusé de couper 50 millions dans les dépenses de personnel. Par 128 voix contre 66, il n'a pas souhaité non plus raboter 30,6 millions dans les dépenses pour conseil et recherche sur mandat.

Jusqu'à jeudi

Les débats sur le budget se poursuivront mercredi. La discussion fleuve est planifiée jusqu'à jeudi. La copie proposée par le gouvernement mise sur des recettes de 73,556 milliards de francs et prévoit des dépenses de 72,296 milliards. Soit un excédent de 1,260 milliard.

Jusqu'ici, le National ne s'est pas distancié des propositions de sa commission préparatoire. Celle-ci n'avait retenu qu'une poignée de modifications et prévu de réduire les dépenses de 70,2 millions.

Lundi au Conseil des Etats

Le Conseil des Etats se prononcera quant à lui lundi prochain. Sa commission des finances souhaite notamment libérer 98,2 millions de plus pour la formation et la recherche. Au National, des propositions allant dans le même sens seront présentées par le camp rose-vert. Une majorité du groupe PDC apporte son soutien. (awp)






 
 

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