Aero41 cherche à s’affranchir des fournisseurs asiatiques

dimanche, 10.05.2020

Fait en Suisse avec des composants européens, le drone vaudois se fait plus précis. La start-up délègue maintenant la pulvérisation pour se centrer sur le développement du robot.

Sophie Marenne

L’appareil d’Aero41, assemblé en Suisse, largue un fongicide pour protéger les vignes du mildiou et l’oïdium, notamment.

Un an après sa fondation, Aero41 se targue d’avoir considérablement amélioré la qualité d’application de son AG v2, la deuxième version de son drone d’épandage. «C’est surtout utile en deuxième partie de saison, lorsque la zone des grappes est plus difficile à atteindre car la végétation y est plus touffue», décrit Frédéric Hemmeler, CEO. La start-up a optimisé à la fois la rampe d’épandage mais aussi la pression de travail afin de garantir un dépôt homogène de fongicide, même sur les feuilles les plus basses. «Grâce à cela, nous devenons un facilitateur de transition vers les exigences du bio pour nos clients viticulteurs», assure-t-il en soulignant que la production de vin biologique est devenue un marché très prometteur. La clientèle de la jeune société se compose majoritairement de vignerons répartis dans l’Arc lémanique mais aussi sur les territoires neuchâtelois et valaisan.

Dans le nom de la start-up, le suffixe tient pour l’indicatif de la Suisse. Arborant fièrement les couleurs du label Swiss Made, les sept appareils de l’entreprise – dont deux sont en cours d’assemblage – sont conçus à Aigle, dans l’atelier d’Aero41. «De plus, nous avons fait le choix, fin 2019, de tenter de nous affranchir au maximum des fournisseurs asiatiques. A l’exception du châssis en carbone et aluminium importé de Chine, les composants comme les tuyaux ou les pompes proviennent de Suisse ou de pays voisins. La solution de contrôle de vol est quant à elle 100% helvétique», décrit l’ancien pilote professionnel d’hélicoptère. Très satisfait de cette décision, Frédéric Hemmeler indique qu’il s’y retrouve aussi financièrement: «Ça a été une bonne surprise. En diminuant les coûts de transport et en augmentant la qualité, nous naviguons dans des prix sensiblement identiques, tout en gagnant une belle proximité avec les fournisseurs.»

Le fondateur, qui est un ancien du concurrent AgroFly, a délégué la prestation des services d’épandage à un partenaire pour se concentrer sur le développement des machines. «Nous voulons recentrer notre modèle d’affaires sur la création d’un drone qui réponde pleinement aux exigences des vignerons.» Dans un deuxième temps, l’objectif sera de le vendre directement aux viticulteurs. «Ce sera un outil autonome, extrêmement facile d’emploi, pour lequel ils n’auront presque qu’à appuyer sur un bouton. Le but est qu’ils n’aient même pas à apprendre à piloter» Pour concrétiser ce projet, l’équipe de cinq collaborateurs est en cours de levée de fonds d’amorçage. Recherchant 700.000 francs, la start-up voit cependant le coronavirus paralyser cet effort, les investisseurs étant plus frileux depuis mi-mars.

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AGEFI



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