Les start-up s'organisent contre le gaspillage alimentaire

lundi, 27.05.2019

Face à l'explosion de gaspillage alimentaire que connaît la Suisse, des start-up proposent des solutions innovantes aux restaurateurs, villes et particuliers. Des initiatives qui pourraient bien faire changer la mentalité des Suisses face à leurs déchets. Tour d'horizon.

MH

Les Suisses manquent de sensibilité et de connaissances quant à la conservation, au stockage d'aliments, et aux méthodes d'utilisation des restes, selon l'OFEV.(Keystone)

Sur les 2,6 millions de tonnes de déchets alimentaires produits en Suisse chaque année, les ménages produisent à eux-seuls 1 million de tonnes de déchets, selon l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), qui a réalisé plusieurs études sur le gaspillage alimentaire.

Pourtant près de la moitié de ces déchets pourraient être évités. Cela représenterait environ 190 kilos d'aliments comestibles perdus par personne en un an, note l'OFEV qui prône une prise de conscience des ménages quant à la quantité que représentent leurs propres déchets. Selon elle, les Suisses manquent de sensibilité et de connaissances quant à la conservation, au stockage d'aliments, et aux méthodes d'utilisation des restes. Quelques start-up suisses travaillent déjà face à cette explosion de gaspillage alimentaire. Et elles pourraient bien faire changer la mentalité des Suisses alors qu'ils s'apprêtent à aller faire leurs courses et sortir les poubelles. Tour d'horizon.

Pour les déchets des restaurateurs

-Prognolite

L’algorithme développé par la start-up zurichoise Prognolite est capable de prédire combien de clients se rendront dans un établissement dans les jours à venir. Une information qui permet aux restaurateurs d'adapter leurs quantités de nourritures. Les prévisions pour la demande de groupes de produits spécifiques sont générés à l’aide de différents facteurs d’influence tels que la météo, les périodes de vacances, les jours fériés, les évènements à proximité d'un établissement, et les chiffres de vente des deux dernière années. Les restaurateurs peuvent planifier, acheter et préparer la bonne quantité de nourriture, et ainsi éviter le gaspillage alimentaire. La start-up promet des prédictions avec un taux de précision de 87%, cette dernière augmentant en même temps que le nombre de clients. 

-Kitro

La start-up vaudoise s’adresse aux professionnels de la restauration, car "le gaspillage alimentaire est évitable tout au long de la chaîne d’approvisionnement", écrit-elle sur son site internet. Kitro a lancé une solution pour les cantines, hôtels, et restaurants afin qu’ils mesurent leur gaspillage alimentaire, identifient leurs principales sources de déchets, et réduisent ces derniers grâce à son expertise.

Fondée en 2017 par Anastasia Hofmann et Naomi MacKenzie, deux anciennes étudiantes à l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL), Kitro mise sur l’automatisation: des balances installées sous les poubelles pèsent les déchets, des caméras photographient tout ce qui revient dans les assiettes ou ce qui est jeté à la poubelle, et un logiciel associe ces deux sources d’informations. Les restaurants Coop, la chaîne HolyCow et de prestigieux hôtels font partie des nombreux clients de la start-up.

Les applis anti-gaspi

-Too Good To Go

On connaissait le magasin Äss-bar, qui propose des produits de boulangerie issus des invendus du jour précédent, à prix cassé, et qui va bientôt ouvrir une succursale à Lausanne. Désormais, le principe se décline en applications. Originaire du Danemark et lancée en 2017 en Suisse romande, l’application "Too Good To Go" met en contact les clients avec les commerces, qui désirent liquider leurs invendus à petit prix.  "Au total nous avons 496 partenaires en Suisse Romande qui utilisent Too Good To Go activement pour lutter contre le gaspillage alimentaire. De plus nous avons sauvé au total 7'500 repas en Suisse Romande en mai. Cela représente un tiers des repas sauvés en Suisse en mai. Nous sommes donc très satisfaits du succès de notre mouvement en Suisse Romande et les Romands nous réservent un très bel accueil", résume  Sara Osmani, PR Manager du groupe. Migros, Coop, Manor et Caffè Spettacolo ont rejoint l'application.

-Sav'eat

Presque identique à Too Good To Go, l’application Sav’eat a été lancée par deux genevois et a remporté le prix du public au concours de développement durable Iddea. 

Kits de cuisine au gramme près

-Hello Fresh

Les kits d’ingrédients frais et pesés, accompagnés de recettes pour les cuisiner, livrés à domicile et sur abonnement pourraient intéresser les plus pressés. Hello Fresh s’est récemment fait une place de choix sur le marché suisse. Les portions étant précisément calculées pour le nombre de personnes inscrites dans la base de données, il ne devrait y avoir aucun reste après la préparation du repas. Cependant, la plupart des ingrédients sont emballés dans du plastique, et ne résolvent donc pas le problème écologique.

Pour les magasins d'alimentation

-Agrosustain

La start-up  basée à Epalinges développe des produits écologiques préventifs et curatifs luttant contre un large spectre de champignons pathogènes qui affectent les plantes cultivées. Depuis peu, Agrosustain s'est focalisée sur les groupes industriels et magasins d'alimentation afin de prolonger la durée de vie des fruits et des légumes récoltés, dans les dépôts ou les magasins, ce qui éviterait le gaspillage. Elle vise les détaillants en alimentation, l'industrie du bois, les jardiniers et les cultivateurs.

Pour des villes propres       

-Cortexia

-La start-up fribourgeoise Cortexia a l’ambition d’améliorer le ramassage des déchets atterris dans les rues et sur les trottoirs des villes suisses. Andréas von Kaenel et André Droux ont développé un système de reconnaissance des déchets via une intelligence artificielle. Les caméras sont implantées sur les véhicules de la voirie comme des balayeuses, des bus ou encore des bicyclettes, et permettent de faire le relevé des déchets en temps réel. Les villes peuvent ainsi identifier les lieux critiques ainsi que l’origine des salissures, et engager les moyens adéquats au bon moment. Le système de Cortexia est utilisé par plusieurs villes en Suisse et à l’étranger. Parmi elles, la Ville de Genève a notamment fait appel à ses services l’an dernier pour compter les mégots de cigarette dans le cadre d’une campagne de sensibilisation. 

 

 

 






 
 

AGEFI



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