Face au virus et au pétrole, les marchés cèdent à la panique

lundi, 09.03.2020

Face à la menace du coronavirus, les grandes places financières internationales, les devises et le pétrole chutent lundi, incitant les banques centrales, et éventuellement la BNS, à réagir pour soutenir l'économie.

Les marchés financiers sont donc passés en "mode panique".(Keystone)

Face à la propagation mondiale du coronavirus et la guerre des prix du pétrole qui se dessine, les investisseurs cédaient lundi à la panique et se lançaient dans une vente à tout-va. Les grandes places financières internationales, les devises et le pétrole chutaient, incitant les banques centrales, et éventuellement la BNS, à réagir pour soutenir l'économie.

Rarement, les places mondiales affichaient pareille déroute: en Asie, les Bourses de Tokyo (-5,1%), Shanghai (-3,0%) et Shenzhen (-3,8%) ont clôturé leurs séances respectives dans le rouge vif, affectant leurs homologues européennes à Paris (CAC 40 -7,2%), Londres (FTSE 100 -7,2%) et Francfort (Dax -6,5%).

En Suisse, la place zurichoise n'était pas épargnée par cette lame de fond, le principal indice SMI chutant de 6,3% à l'ouverture.

>> Retrouvez ici notre dossier consacré à l'épidémie du coronavirus

"Les dix dernière séances de Bourse se classent parmi les plus tumultueuses de l'histoire", ont résumé les analystes d'UBS dans un commentaire de marché. En cause, "la peur du coronavirus qui paralyse aussi l'économie en Europe et aux Etats-Unis" et qui affecte désormais également les entreprises, ont complété leurs homologues de la Banque cantonale de St-Gall (SGKB).

Pour les spécialistes de Raiffeisen, "la peur du coronavirus a aussi saisi les investisseurs en Suisse", d'autant plus qu'en Italie voisine les autorités ont décrété de larges zones de quarantaine.

L'épidémie de coronavirus continue de se propager à vive allure sur la planète, provoquant la paralysie d'une partie de l'Italie. Dans le monde, 109'032 cas d'infection sont recensés dans 99 pays et territoires, causant la mort de 3792 personnes, selon un bilan établi par l'AFP. La Suisse a quant à elle enregistré dimanche un 2e décès dû au Covid-19, un homme âgé de 76 ans en mauvaise santé.

La peur des investisseurs est reflétée dans les indices de volatilité, à commencer par celui du marché américain VIX, qui a bondi de 5,9%. Son homologue suisse s'est lui envolé de 13%.
Illustrant le rebond de la volatilité, les analystes de Mirabaud Securities ont évoqué les récentes sorties subies par les fonds obligataires (-12,6 milliards de dollars) et en actions (-23,3 milliards).

Pour UBS, "les prochaines semaines pourraient déterminer si l'épidémie de virus aux Etats-Unis pourra être contenue en un ou deux mois avec un coût économique relativement modeste ou si elle s'intensifiera, provoquant des perturbations plus drastiques et prolongées".

Les marchés financiers sont donc passés en "mode panique", selon Axitrader. A l'épidémie de coronavirus s'ajoute désormais celle du pétrole, ont-ils souligné.

Pire chute du pétrole depuis la 1ère guerre du Golfe

Les cours du pétrole se sont en effet effondrés de plus de 30% en Asie lundi matin, enregistrant la chute la plus sévère depuis la guerre du Golfe de 1991, après que l'Arabie saoudite a lancé une guerre des prix du brut. Riyad a décidé unilatéralement de baisser ses tarifs à la livraison, en raison de l'échec de l'Opep et de la Russie à se mettre d'accord pour soutenir les cours."Les cours du pétrole connaissent leur pire journée depuis 1991 en chutant de 30% à l'ouverture des marchés", a souligné la Banque IG, précisant que les craintes d'une inondation de l'offre et d'une chute de la demande en raison de l'épidémie ont fait reculer les cours de pétrole.

Les devises n'étaient pas épargnées et le franc suisse s'appréciait nettement par rapport aux monnaies de ses principaux partenaires commerciaux, l'Union européenne et les Etats-Unis.

Vers 10h30, la monnaie helvétique s'échangeait à 1,0590 franc pour euro et à 0,9308 franc pour un dollar, renchérissant le prix des exportations suisses.Les valeurs refuges devraient être plébiscitées à court terme, du franc suisse au yen japonais en passant par l'or. Depuis début février, le métal jaune a bondi de 5,3% et s'échangeait actuellement à 1669,20 dollars l'once.

Alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) a récemment abaissé ses taux directeurs, les analystes se demandent ce que va faire jeudi la Banque centrale européenne (BCE) et par la suite son homologue helvétique (BNS).

"Nous prévoyons que la BCE réduira son taux de dépôt de 10 points de base à -0,6% jeudi prochain et nous n'excluons pas qu'elle annonce un nouvel assouplissement quantitatif", ont indiqué les analystes d'UBS.Pour les experts de Bantleon, "la BNS doit absolument agir si la BCE abaisse jeudi ses taux, sinon la différence de taux avec la zone euro sera trop faible".

L'institut d'émission suisse pourrait ainsi abaisser son taux directeur de -0,75% à -1,00%, et ce dès vendredi pour réagir rapidement à un éventuel assouplissement monétaire dans la zone euro.(awp)

 

 






 
 

AGEFI



...