Mid-terms approuvés par les marchés

lundi, 12.11.2018

Etats-Unis. L’investissement tend à ralentir mais la dépense de consommation reste forte et le taux de chômage diminue.

René Morgenthaler*

Un Congrès divisé est perçu comme une nouvelle relativement positive. Chaque camp estime être ressorti victorieux. Ayant remporté la majorité à la chambre des représentants, les Démocrates ont accru leur pouvoir politique, ce qui est susceptible de freiner l’imprévisibilité du président Donald Trump. Comme les Républicains ont gagné des places au Sénat, ce dernier voit sa position confortée. Les deux partis soutiennent plus de dépense budgétaire, même s’ils sont divisés sur la question de son financement. Le 7 décembre, les discussions sur la question du plafond d’endettement, avec le risque d’un «shutdown» du gouvernement fédéral, pourrait susciter quelques remous. Mais c’est récurrent, les investisseurs y sont habitués.

A l’issue de sa réunion jeudi, la Réserve fédérale américaine (Fed) n’a pas évoqué la possibilité d’un ralentissement de la croissance économique américaine l’an prochain. Elle n’a pas montré de préoccupation par rapport à la volatilité accrue des marchés actions ces dernières semaines, ce qui est rassurant. L’investissement tend à ralentir mais la dépense de consommation reste forte et le taux de chômage diminue. Comme anticipé par le consensus, le Comité monétaire a décidé de laisser les taux d’intérêt directeurs inchangés. La Fed garde l’orientation vers un resserrement graduel des taux et les prévisions tablent toujours sur une hausse des taux de 25 pb en décembre et trois hausses en 2019.

En fin de semaine, le repli du prix du pétrole, des données chinoises plus faibles et un gouvernement italien campant sur ses positions contre Bruxelles en matière de déficit budgétaire ont à nouveau inquiété, entraînant quelques prises de bénéfices. L’inflation des prix à la production a baissé en Chine au mois d’octobre avec un ralentissement de la demande et de l’activité industrielle. Le gouvernement chinois a annoncé vouloir stimuler les prêts des banques aux entreprises privées, laissant penser aux investisseurs que les autorités sont préoccupées.

Recommandations

RICHEMONT (ISIN: CH0210483332, prix: CHF 69,10)

Le groupe genevois a publié des résultats sur les neuf premiers mois de l’année qui se sont révélés inférieurs aux attentes. Les incertitudes liées au contexte géopolitique et à la guerre économique ont pesé sur le bénéfice net, qui s’inscrit en recul après exclusion des gains exceptionnels. Des craintes existent concernant un éventuel ralentissement du tourisme d’achat asiatique en raison de la faiblesse du Yuan (en baisse de 7% depuis le début de l’année). Cependant de bonnes nouvelles émanent de la division bijouterie/joaillerie qui affiche une progression saine de ses marges, grâce au levier opérationnel. Cette division, appelée «Jewellery Maisons», contribue à hauteur de 51% des ventes et presque 80% de l’EBIT. L’entreprise reste confiante sur sa capacité à atteindre ses objectifs à long terme. La correction du titre sur la journée de vendredi semble surfaite, mais Richemont reste tributaire des sauts d’humeur du marché à court terme.

Siemens (ISIN: DE0007236101, prix: EUR 102,34)

L’industriel allemand a annoncé un bénéfice net stable de 6,1 milliards d’euros pour son exercice décalé 2017/2018. La société a rempli ses objectifs annuels, malgré des situations très contrastées selon ses branches. Le chiffre d’affaires de l’entreprise, fabriquant aussi bien des turbines, des trains, des éoliennes que des logiciels, a augmenté de 2% sur un an, à 83 milliards d’euros. La branche Power and Gas a continué de souffrir avec une perte de 139 millions d’euros au dernier trimestre malgré une relance des commandes. Siemens espère décrocher un contrat de plusieurs milliards d’euros pour ré-électrifier l’Irak. Le groupe est en concurrence avec l’américain GE. Meilleure élève, la division active dans la numérisation des usines a contribué le plus fortement à la performance opérationnelle globale.Si GE ou ABB se veulent prudent pour la suite, Siemens affiche plus de confiance. Le groupe allemand anticipe un environnement toujours favorable pour ses activités en 2019 avec une croissance du chiffre d’affaires entre 3 et 5%. Siemens propose de relever son dividende à 3,80 euros. Le groupe prévoit également de lancer un nouveau programme de rachat d’actions d’un montant de 3 milliards d’euros jusqu’en 2021.

*Responsable de la gestion discrétionnaire de la Banque Bonhôte & Cie SA






 
 

AGEFI



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