Powell et les bienfaits du rétropédalage

mardi, 19.02.2019

Etats-Unis. Avec une régularité de métronome, la Réserve fédérale américaine a procédé à quatre hausses de taux l’année dernière, une pour chaque saison.

Daniel Varela*

La dernière est intervenue au mois de décembre et les derniers indicateurs économiques laissent penser que ce tour de vis n’était peut-être pas judicieux. Le contexte inflationniste avait déjà commencé à se retourner avec un prix du pétrole en recul de près de 30% sur les trois derniers mois de l’année. Depuis, le reflux des prix à la consommation se confirme. En janvier, l’inflation américaine est retombée à 1,6% contre un plus haut de 2,9% l’été dernier. Et cet indicateur devrait encore baisser dans les prochains mois en raison d’un effet de base important. 

Affirmer son autorité

Certes, l’inflation sous-jacente qui exclut la volatilité liée au cours du pétrole reste proche de l’objectif de 2% visé par la Fed. Mais les effets de second tour découlant de la baisse des prix de l’énergie sont encore à venir, notamment sur les prix des transports de personnes et de marchandises. 

Sur le plan économique, la hausse des taux de décembre est intervenue à un moment où un sérieux ralentissement affectait l’activité aux Etats-Unis notamment pour des raisons de paralysie budgétaire liées au shutdown. Les ventes au détail ont ainsi nettement reculé en décembre de 1,2%.

A posteriori, Donald Trump avait sans doute raison de critiquer cette dernière hausse de taux. Mais la pression exercée à ce moment-là par la Maison Blanche n’est certainement pas étrangère à la décision de Jerome Powell qui a encore besoin d’affirmer son autorité. Depuis, on assiste à un exercice de rétropédalage qui entache temporairement sa crédibilité, mais semble rassurer les investisseurs sur la durée. Car après Alan Greenspan, Ben Bernanke et Janet Yellen, on peut désormais l’assurer, il existe bien un Jerome Powell «Put». 

L’heure de la relance

Comme ses prédécesseurs, le patron actuel de la Fed semble en effet avoir une faible tolérance face à une détérioration trop marquée des marchés financiers. Le ton plus accommodant de la Fed a entraîné un vrai virage au niveau des politiques monétaires dans le monde. L’heure est à nouveau à la relance, ce qui laisse penser que la reprise des bourses n’est pas terminée. Mais les quelques échéances politiques à venir pourraient être l’occasion de consolider les importants gains accumulés depuis le début de l’année.

*Chief Investment Officer, Banque Piguet Galland






 
 

AGEFI



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