Et si le coaching devenait la priorité de chacun?

lundi, 18.11.2019

Christian Second*

Christian Second

Dans une étude fraîchement publiée, Helsana, la plus grande caisse d’assurance maladie suisse révèle des résultats inquiétants: le volume de consommation de soins de santé progresse de 25 % … Depuis de nombreuses années maintenant, les caisses réfléchissent à la possibilité de mettre l’accent sur le préventif plutôt que sur le curatif, et misent sur une responsabilisation de leurs assurés via une amélioration de leur hygiène de vie par le sport et la diététique. Or, il est un domaine totalement laissé pour compte: celui du coaching. Et pourtant nous aurions tout intérêt à nous pencher dessus. 

Prendre soin de son hygiène de vie 

Les débuts d’année calendaire ou de rentrée scolaire sont souvent l’occasion de bonnes résolutions. Chacun d’entre nous veut améliorer son hygiène de vie et pense spontanément au sport et/ou la diététique. Or l’information et les incitations ne manquent pas à ce sujet. L’Office Fédéral du Sport, nous dit «Tout effort, aussi minime soit-il, pour s’affranchir de l’inactivité est un pas qui compte et un plus pour la santé.». Quant à l’office fédéral de la sécurité alimentaire, il propose une «Stratégie suisse de nutrition 2017-2024». Fort bien! Mais quid du «coaching»?  Quitte à vouloir s’occuper de notre hygiène de vie, ces instances pourraient également promouvoir les séances de coaching. Car si nous sommes nombreux à pratiquer un sport pour «évacuer le stress» parce que nous sommes persuadés que cela a un effet sur le plan physique, peu d’entre-nous ont le réflexe d’avoir recours à un coach pour «évacuer» sur le plan psychologique. Ce faisant nous passons à côté de questions fondamentales.  

Une activité qui gagne à être connue 

Certes, on nous objectera que si le «coaching» est mal connu du grand public - pour qui le mot coach est spontanément associé avec entraîneur sportif - c’est la faute des professionnels eux-mêmes. Très souvent, certains se présentent à tort comme «coachs» alors qu’ils font en fait du conseil. La distinction est subtile et n’est pas toujours connue des néophytes, mais quand on l’a comprise, cela change tout. Pour rappel, le coach est celui qui nous aide à chercher les solutions en nous, alors que le conseil nous les apporte clés en mains. À cela s’ajoute que l’offre du marché du coaching est souvent pléthorique et bigarrée et tous les publics peuvent y trouver leur compte qu’il s’agisse d’entreprises ou de particuliers. Les problématiques sont similaires bien que les enjeux diffèrent, aussi la frontière est très mince entre ces deux sphères. En effet, l’individu peut décider de prendre sa carrière professionnelle en main s’il s’aperçoit qu’elle stagne. Par ailleurs, les managers dans les entreprises peuvent agir sur l’humain en proposant des séances de coaching à leurs salariés. Ils peuvent par exemple prendre des dispositions pour lutter contre le taux d’absentéisme, un fléau qui coûte 4,2 milliards de francs aux entreprises chaque année et identifier des situations tels que, par exemple, le bore-out (quand l’employé s’ennuie au travail), le burn-out (quand l’employé est submergé) et enfin le brown out (perte du sens du travail).

Se prendre en main: une responsabilité collective?

On le voit, il existe mille et une raisons de consulter un coach et ce, en toutes circonstances. L’opinion générale se trouve, elle encore, à des années lumières d’y voir une priorité. C’est pourtant un réel investissement sur l’avenir et qui peut rapidement devenir rentable. Car si comme nous le soulignions, on nous a habitués à faire du sport,  à prendre soin de notre alimentation, personne ne nous a inculqué cet état d’esprit qui fait qu’en toutes circonstances, on peut prendre du recul et envisager de faire autrement. Or comme le disait Einstein: «la folie c’est refaire la même chose et en attendre des résultats différents». Partant de là, il semble absurde que nous ne nous donnions pas une chance de nous reprendre en main.

* Président, Capflow  






 
 

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