Les marchés, emportés par la crainte d'une deuxième vague de contaminations

jeudi, 14.05.2020

Entre les propos peu rassurants mercredi de Jerome Powell qui craint un impact durable de la pandémie sur l'économie et les avertissements de l'OMS jeudi selon laquelle le coronavirus pourrait "ne jamais disparaître", les investisseurs ont vu s'accumuler les perspectives sombres.

Dans ce contexte très morose, la majorité des titres de l'indice CAC 40 a terminé dans le rouge (Keystone).

Toujours sous le coup de la crainte d'une deuxième vague de contaminations et de dégâts durables sur l'économie, les marchés européens ont de nouveau fini en net recul jeudi. Paris a perdu 1,65%, Francfort 1,95% et Londres 2,75%. Madrid a aussi reculé de 1,29% et Milan de 1,84%. A Zurich, le SMI a cédé 1,90%.

"Ce qui est surtout anxiogène aujourd'hui, c'est la crainte d'une deuxième vague de contaminations", a expliqué Michaël Jacoby, responsable du courtage Europe continentale chez Oddo Securities. "C'est dans la tête de tous les investisseurs qui attendent désormais fin mai début juin pour y voir plus clair" sur un rebond de la pandémie, a-t-il complété. Selon l'expert, "les déclarations du patron de la Fed mercredi et la polémique autour de qui aura le vaccin en premier n'ont pas aidé car cela fragilise la confiance générale".

Entre les propos peu rassurants mercredi de Jerome Powell qui craint un impact durable de la pandémie sur l'économie et les avertissements de l'OMS jeudi selon laquelle le coronavirus pourrait "ne jamais disparaître", les investisseurs ont vu s'accumuler les perspectives sombres.

Entre polémique et tension

Le groupe Sanofi a par ailleurs créé la polémique mercredi en arguant que la primeur du vaccin pourrait être réservée aux Etats-Unis en raison de l'important investissement des autorités américaines. Jeudi, il a renvoyé les autorités européennes à leurs responsabilités en leur demandant d'être aussi "efficaces" que leurs homologues américaines.

La montée des tensions entre la Chine et les Etats-Unis a également eu un impact négatif. Washington a accusé mercredi Pékin de tenter de pirater la recherche américaine sur un vaccin contre le nouveau coronavirus. Jeudi, la Chine a exprimé "sa ferme opposition face à cette diffamation américaine". Peu après Donald Trump a encore durci le ton, menaçant de rompre toute relation avec le géant asiatique en raison de sa gestion du coronavirus et assurant qu'il ne souhaitait plus parler à son président Xi Jinping.

Et pour alourdir encore un peu l'atmosphère, les statistiques hebdomadaires de chômage aux Etats-Unis sont venues une nouvelle fois montrer l'étendue des ravages causés par la pandémie avec plus de 2,98 millions de nouvelles demandes d'allocations la semaine passée, dépassant les prévisions.

Recul de Sanofi

Les inquiétudes se sont également un peu fait sentir sur le marché de la dette européenne qui s'est légèrement tendu jeudi, avec un mouvement plus marqué pour les pays du sud de l'Europe comme l'Espagne et l'Italie. Dans ce contexte très morose, la majorité des titres de l'indice CAC 40 a terminé dans le rouge, à l'instar de Bouygues qui a fortement reculé (-4,62% à 24,75 euros), pénalisé par une perte nette au premier trimestre et l'absence de nouvelles prévisions. Sanofi a aussi cédé 1,46% à 88,18 euros après avoir affirmé qu'il servirait les États-Unis en premier s'il trouvait un vaccin contre le nouveau coronavirus, suscitant l'ire du gouvernement français. Axa (-2,32% à 15,17 euros) à Paris, Allianz à Francfort (-4,44% à 142,94 euros) ou Prudential à Londres (-5,32% à 1.033 pence) ont pour leur part fait les frais de l'annonce de Lloyd's of London qui évalue à 203 milliards de dollars le coût de la pandémie pour le secteur de l'assurance en 2020. A Londres, le secteur technologique a enregistré les plus lourdes pertes, à l'exemple de Sage (7,23% à 618,40 pence). (AWP/AFP)

 

 






 
 

AGEFI



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