Vincent Ducrot: «Le système ferroviaire n'est pas suffisamment robuste»

vendredi, 03.07.2020

Entré en fonction en pleine crise du coronavirus, le nouveau directeur général Vincent Ducrot veut faire gagner les CFF en robustesse et stabilité.

Le nouveau directeur général Vincent Ducrot veut revenir au coeur de métier des CFF.(Keystone)

Les CFF doivent en faire davantage pour leurs clients: c'est l'objectif du nouveau patron Vincent Ducrot, 100 jours après son entrée en fonctions en pleine crise du coronavirus.

"La ponctualité doit redevenir la priorité numéro un", a affirmé vendredi le directeur général des CFF lors d'une conférence de presse aux ateliers d'Yverdon-les-Bains (VD). Le Fribourgeois a jugé que l'entreprise avait "trop vécu sur ses acquis" au cours des dernières années et pas assez pris en compte "l'ensemble des paramètres" qui font qu'un train arrive à l'heure ou pas.

Le successeur d'Andreas Meyer a promis "un combat au quotidien" pour assurer la ponctualité grâce à des méthodes d'analyse "plus fines". Il a, par exemple, expliqué qu'il était désormais nécessaire de prendre "des mesures correctrices rapidement", sans devoir systématiquement attendre un changement d'horaire.

Des horaires qui, selon M. Ducrot, ne sont pas assez "stables", notamment sur les grandes lignes. Il a indiqué que "des tests de robustesse" seraient entrepris fin 2020 par des experts internes et externes afin de garantir une meilleure ponctualité.

Le nouveau boss des CFF a également promis une meilleure planification des chantiers, une autre cause de retards des trains. Il a prôné davantage de travaux de nuit, le week-end et durant les vacances. Il a cité l'interruption totale du trafic entre Fribourg et Berne durant trois semaines cet été, jugée "préférable" à des travaux étalés sur plusieurs mois.

Le "dada" du patron

Le renforcement de la flotte joue aussi un rôle pour tenir les horaires. D'un milliard de francs investi annuellement, les CFF vont passer à 1,3 milliard pour l'achat de nouveaux trains et l'entretien.

Toujours en vue de mieux satisfaire les clients, M. Ducrot a dit miser sur les innovations. "C'est mon dada", a-t-il reconnu, prenant l'exemple de l'affichage en temps réel du taux d'occupation des wagons sur l'application des CFF.

Le Fribourgeois a aussi rappelé que les CFF venaient de créer une unité "Clients" dirigée par Mathieu Fleury, l'ancien secrétaire général de la Fédération romande des consommateurs. Cette unité coordonnera toutes les questions relatives à la clientèle.

Gestion de crise

Outre la satisfaction des clients, Vincent Ducrot s'est principalement attelé à gérer les liquidités des CFF depuis son arrivée le 1er avril, en pleine pandémie du Covid-19. Il a jugé la situation financière "sérieuse", assurant qu'il était encore impossible de chiffrer la perte due au coronavirus.

Il a expliqué que les CFF avaient aujourd'hui récupéré 60 à 70% de leur clientèle, mais qu'il faudrait en tout cas deux ans pour retrouver une situation d'avant la crise.

Le Fribourgeois a estimé que l'obligation, dès lundi, de porter un masque dans les transports publics n'allait pas dissuader les usagers. "Nous comptons sur un peu plus de discipline chez les clients. Cela fonctionne en France ou en Allemagne, il n'y a pas de raison que cela ne marche pas aussi chez nous", a-t-il dit.

Selon lui, la météo sera "plus déterminante" que l'obligation de porter un masque pour faire venir les clients dans les trains cet été.

Pas de hausse de prix

Toujours en matière de finances, M. Ducrot a rappelé que les CFF pouvaient bénéficier de 550 millions de francs supplémentaires sous la forme de prêts de la Confédération, selon une décision prise mercredi par le Conseil fédéral. "On ne sait pas encore si on va utiliser cet argent, mais mieux vaut prévenir que guérir", a-t-il dit.

Même si la situation est difficile, M. Ducrot a déclaré que cela n'aurait a priori pas d'impact sur le prix des billets et des abonnements. "Ce n'est pas à l'ordre du jour", a-t-il assuré.(AWP)






 
 

AGEFI



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