La BCE débattra sous peu des réinvestissements

mardi, 25.09.2018

En zone euro, Mario Draghi remet à octobre voire décembre toute annonce relative à la politique de réinvestissement. Les projections d’inflation (1,7% jusqu’en 2020) intègrent un redressement de l’inflation sous-jacente invisible à ce jour.

Axel Botte*

L’inflation hors éléments volatiles est limitée à 1% en août. Toutefois, le Bund suit le T-note et se rapproche de la borne haute de sa fourchette récente. La cassure du niveau de 0,50% constituerait un signal vendeur que la BCE s’évertuerait néanmoins de combattre en érigeant la menace du twist, soit le rallongement des maturités achetées afin d’isoler la zone euro des tensions sur les taux américains. A court terme, nous privilégions un biais vendeur.

Du mieux pour le Portugal

La hausse des rendements sans risque accompagne la détente des taux italiens. Le spread à 10 ans ressort sous 250pb. Le marché a envie de croire à la consolidation budgétaire. Le diable sera dans les détails: l’hypothèse de croissance pour 2019 ou le produit de la «lutte contre l’évasion fiscale» valideront ou non la cible officielle de déficit. Le verdict est attendu pour le 27 septembre. L’embellie actuelle pourrait s’avérer de courte durée, et nous maintenons un biais vendeur de dette italienne. Parallèlement, les perspectives de notation s’améliorent au Portugal selon l’agence S&P. Le spread portugais repasse sous le seuil de 140pb.

Surperformance des valeurs financières

La perception du risque italien s’améliorant, l’ensemble des marchés libellés en euros s’affichent en rebond. L’euro consolide au-dessus de 1,16 dollar. Les marchés d’actions reprennent environ 1% sur la semaine et les spreads de crédit diminuent vers 116pb contre Bund. La surperformance des valeurs financières (banques, assurances) est visible tant sur les actions que sur les dettes d’entreprises. Les obligations subordonnées du secteur de l’assurance gagnent 0,8%. Sur les actions, les banques s’apprécient de 2,4%.

Au Royaume-Uni, le mandat de Mark Carney se prolongera jusqu’en janvier 2020. L’institution qui a maintenu sa politique inchangée la semaine passée s’inquiète ouvertement des conséquences d’une sortie de l’UE sans accord.

Les émergents respirent

La Banque Centrale turque a, quant à elle, relevé les taux au-delà des anticipations de la majorité des investisseurs. Le repo à une semaine se situe à 24% désormais contre 17,75% auparavant. La dépréciation incontrôlée de la devise au cours de l’été nécessitait une sur-réaction afin d’enrayer la dynamique auto-réalisatrice. Le gouvernement a par ailleurs pris quelques mesures de contrôle de capitaux, forçant l’utilisation de la livre pour le règlement des transactions internes. Cette décision a été bien accueillie par le marché, les spreads à 2 ans en dollars diminuant de 600pb à 450bp. Cela étant, le ralentissement de l’économie turque s’annonce brutal.

Plus généralement, cet épisode est symptomatique de la dynamique actuelle des marchés émergents. Les flux vendeurs concernent principalement les devises et les marchés d’actions alors que les flux entrants et sortants s’équilibrent sur les ETFs de dette émergente en dollars ou en monnaies locales.

Le spread moyen de la classe d’actifs en dollars est 356pb contre Treasuries.

*Stratégiste, Ostrum Asset Management






 
 

AGEFI



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