SEBA Bank et GenTwo, deux savoir-faire pour une même vision des actifs numériques

mardi, 11.02.2020

En vue de déveloper une offre sophistiquée destinée aux investisseurs institutionnels, la banque intégrée et régulée ainsi que la fintech zurichoise ont unis leurs efforts.

Levi-Sergio Mutemba

Daniel Kuehne (SEBA Bank)

L’expansion du marché des actifs numériques reposera en grande partie sur le développement d’une offre sophistiquée destinée aux investisseurs institutionnels. C’est-à-dire sur des acteurs tels que les fournisseurs de technologies financières, les asset managers et autres intermédiaires financiers.

En vue de concrétiser une telle offre, la banque intégrée et régulée SEBA Bank et la fintech GenTwo, spécialisée dans la titrisation et la structuration de produits financiers de dernière génération, ont unis leurs efforts.

Fin novembre, SEBAX a annoncé le lancement de l’indice de cryptomonnaies SEBAX, dont GenTwo a structuré la première solution d’investissement, un certificat tracker.

En proposant un produit financier hautement sécurisé, transparent et destiné aux investisseurs institutionnels les plus exigeants, SEBA et GenTwo entendent renforcer la confiance et élargir la connaissance dans le domaine des actifs numériques générés sur des réseaux distribués. Précisions avec Daniel Kuehne, Head of Asset Management chez SEBA Bank, et Philippe Naegeli, CEO de GenTwo.

Dans quelles circonstances est née votre collaboration?

Philippe A. Naegeli: SEBA et GenTwo ont des missions complémentaires et les deux entreprises partagent une même vision de l’avenir des actifs numériques. Tandis que SEBA a pour objectif de jeter un pont entre la finance traditionnelle et la finance numérique d’une façon conforme à la réglementation, GenTwo se spécialise dans la titrisation des actifs bancables et moins bancables, contribuant ainsi à en mettre davantage sur le marché et à les rendre plus liquides. Par conséquent, le partenariat entre SEBA et GenTwo est idéal, dans la mesure où il était logique que nous nous rapprochions et mettions nos principales compétences en commun. Ensemble, nous pouvons élargir l’horizon de l’économie émergente des actifs numériques de manière sûre et légalement conforme.

Comment se traduit la titrisation de l’indice SEBAX?

Daniel Kuehne: SEBAX est un indice hautement sécurisé, dynamique et optimisé en termes de risque avec une large exposition au marché des actifs numériques. L’indice est émis avec un certificat tracker, ce qui signifie que bien qu’il s’agisse d’un actif numérique, il peut être répliqué exactement comme s’il s’agissait d’un actif conventionnel. Ce tracker est le premier produit financier qui profite pleinement de la collaboration entre SEBA et GenTwo.

L’objectif de l’indice est d’apporter au monde cryptographique la même rigueur que celle que l’on retrouve dans l’indexation institutionnelle traditionnelle. Ce qui signifie de faibles commissions, erreur de suivi minimal, liquidité quotidienne et la meilleure exécution, sans parler des standards les plus élevés en matière des dépôts et de la garde institutionnels.

Ce n’est pourtant que la phase initiale d’un projet bien plus étendu. GenTwo a mis sur pied pour nous une plateforme d’émission offrant des titres en tant que service ou «security-as-a-service», et qui permettra également à d’autres acteurs de lancer leurs produits d’investissement à travers SEBA. Les possibilités sont sans limite, dès lors que ces produits peuvent couvrir potentiellement tous les actifs, aussi bien dans le monde numérique que traditionnel.

Pourquoi l’indice SEBAX exclut-il les stablecoins et les cryptomonnaies anonymes appelées «privacy coins»?

D.K.: Dès lors que la valeur des stablecoins est ancrée dans celle d’une monnaie fiduciaire, leur potentiel d’appréciation s’avère limité. Cela n’aurait aucun intérêt de les inclure au sein de notre univers d’investissement.

L’indice précité s’adresse-t-il aux investisseurs aussi bien qu’aux traders?

D.K.: SEBAX vise très clairement les investisseurs plutôt que les traders. La valeur du SEBAX repose sur le beta, ce qui en fait un investissement pertinent pour tous ceux qui reconnaissent le potentiel du marché des cryptomonnaies, quelle que soit la perspective d’investissement choisie.

En quoi a consisté la tâche de GenTwo dans la structuration de cette solution?

D.K.: Nous voulions la structure la plus transparente possible, la moins risquée pour l’investisseur. Nous avons choisi de créer un «special purpose vehicle» ou «SVP», c’est-à-dire une entité de titrisation hors bilan qui détiendrait physiquement tous lescoins. Dans ce cas de figure, il n’y a virtuellement aucun risque de contrepartie pour l’investisseur.

SEBAX se prête-t-il également en tant que sous-jacent pour des ETP et des ETF, des produits dérivés comme les futures ou encore des produits structurés tels que les actively-managed certificates (AMC)?

D.K.: La beauté de ce produit est qu’il peut prendre n’importe quelle forme, que ce soit un ETP ou ETF, un token indiciel, etc. L’émetteur d’un produit utilisant SEBAX comme sous-jacent peut être une autre entité que SEBA Bank. Nous nous voyons comme une plateforme où le client peut choisir la structure qui lui sied le mieux.

GenTwo sera-t-il l’agent de titrisation pour tous les produits cryptographiques de SEBA et celui-ci l’émetteur?

P.N.: Notre collaboration est faite pour durer. La plateforme d’émission que nous avons mise sur pied est conçue de façon à répondre aux besoins actuels et futurs du marché des produits financiers.

Pour nous, cette collaboration pose les bases pour la conception de nombreux autres produits innovants et prometteurs. SEBA ne sera pas l’émetteur de ces produits mais, à travers ce partenariat avec GenTwo, nous joueront le rôle de facilitateur.

«Je suis d’avis qu’une concentration massive s’opérera et que de nombreuses cryptomonnaies ne survivront pas»

GenTwo se concentre-t-il exclusivement sur les investisseurs institutionnels ou les investisseurs individuels font également partie votre cible?

Philippe Naegeli: GenTwo est un fournisseur de services B2B et nous ne prévoyons pas de cibler les investisseurs privés. Nous construisons des plateformes de titrisation pour nos partenaires, leur permettant d’émettre de nouveaux types d’actifs. Ces entités institutionnelles consistent principalement en intermédiaires financiers sur le marché secondaire, tels que les banques, les courtiers, les gérants d’actifs et les family offices.

En apportant sur le marché de nouvelles classes d’actifs qu’il n’était pas possible de monétiser, nous souhaitons ouvrir de nouveaux horizons d’investissement. Toutefois, il incombera toujours à nos partenaires, et non directement à GenTwo, de livrer le produit final à leurs propres clients.

Des 1500 cryptomonnaies environ qui se sont créées en à peine dix ans, quelle part d’entre elles ont le plus de chances, selon vous, de survivre sur le long terme?

Daniel Kuehne: Je suis en effet d’avis qu’une concentration massive s’opérera et que de nombreuses cryptomonnaies ne survivront pas. Selon moi, l’ensemble de la capitalisation boursière devrait couvrir une vingtaine de cryptomonnaies, qui en seraient des sortes de blue chips. Dans le même temps, on devrait observer un biais du survivant significatif, dans la mesure où de nouvelles cryptomonnaies entreront sur le marché, tandis que d’autres en sortiront. Quand les choses se seront un peu calmé, il y aura probablement 20 à 30 cryptomonnaies significative, suives par une longue traîne d’autres monnaies numériques.

Quels sont les principales barrières à l’adoption des actifs cryptographiques de la part des investisseurs institutionnels?

P.N.: Il y a une grande différence d’accès aux actifs numériques selon que vous êtes un investisseur privé ou institutionnel. D’ordinaire, les investisseurs institutionnels s’attendent à avoir un accès facile aux actifs sur les marchés financiers.

Mais, dans le cas des actifs numériques, ce ne fut pas le cas. Dans la pratique, cela est dû à un manque d’infrastructures compatibles au sein du système financier traditionnel.

On peut ajouter en tant que facteur important le manque de confiance et de compréhension des actifs numériques. Enfin, les investisseurs institutionnels se comportent généralement avec prudence vis-à-vis des cryptoactifs, car ils sont beaucoup plus exposés à la régulation et à la législation.

D.K.: SEBA relève ces défis sur tous les fronts, en construisant la plateforme qui comblera ce fossé, toute en mettant en place un bras pédagogique visant à démystifier la technologie sous-jacente.

De plus, dès lors que SEBA est régulé par la FINMA, les investisseurs institutionnels peuvent avoir accès à ces actifs en conformité avec la réglementation.






 
 

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