Achats d'entreprises: Schneider-Ammann veut la réciprocité en Chine

samedi, 08.09.2018

En visite en Chine, le ministre Johann Schneider-Ammann a souhaité que les entreprises suisses devraient aussi avoir la possibilité d'acquérir des sociétés dans ce pays.

Au centre du voyage de Johann Schneider-Amman figure l'accord de libre-échange que la Suisse a conclu avec la Chine en 2014. (Keystione)

Alors que les fonds souverains chinois peuvent acquérir des entreprises en Suisse, cette pratique est refusée aux sociétés helvétiques en Chine. Selon le ministre Johann Schneider-Ammann, en mission diplomatique dans ce pays, il faut remédier à cette inégalité.

"Pour les infrastructures telles que les réseaux électriques ou les télécommunications", le Conseil fédéral devrait pouvoir intervenir "lorsqu'une telle entreprise est menacée par une reprise de l'étranger", a dit samedi M. Schneider-Ammann dans une interview à la Schweiz am Wochendende. Dans ce genre de situation, peu importe qu'il s'agisse d'un fonds souverain chinois ou d'une entreprise états-unienne qui affiche des envies d'acquisition, estime le ministre de l'économie.

La Suisse exige en outre la réciprocité: les entreprises suisses devraient aussi avoir la possibilité d'acquérir des sociétés dans l'empire du milieu. "C'est un sujet de négociation pour le comité mixte", précise le conseiller fédéral libéral-radical. Il ne détaille pas comment il gère ce dossier avec ses partenaires chinois durant son voyage en cours, qui se termine dimanche.

Elargir le libre-échange

Au centre de son voyage figure l'accord de libre-échange que la Suisse a conclu avec la Chine en 2014. Cet accord est vaste et concerne tous les biens, services et flux de capitaux. Mais M. Schneider-Ammann voit manifestement encore des possibilités d'élargir ce traité: "Nous allons examiner si nous pouvons encore éliminer des obstacles supplémentaires dans cet accord".

Car malgré le franc fort et un ralentissement de la croissance en Chine, "nos exportations vers ce pays, à l'exception du commerce de l'or, ont crû en moyenne de 8% par année", note le conseiller fédéral.

Derrière l'Union européenne et les Etats-Unis, la Chine représente le troisième marché d'exportation pour l'économie suisse, avec un volume de 37 milliards de francs en 2017. La Suisse y vend principalement des produits pharmaceutiques, des machines et des montres, tandis que le géant asiatique exporte en Suisse surtout des machines, de l'électronique et du textile. Avec un montant de plus de 21 milliards de francs, la Chine est aussi le premier lieu d'investissement des entreprises helvétiques en Asie. (awp)






 
 

AGEFI



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