Foodtech: un parcours semé d'embûches pour les start-up suisses

mercredi, 26.06.2019

En Suisse romande, plusieurs start-up ont récemment lancé sur le marché leurs en-cas riches en super-aliments, mais difficile de se faire une place au milieu des géants de la distribution.

Stéphanie Giroud

Sandrine Doppler est experte en transition alimentaire et en innovation.

«Les start-up de la foodtech ne sont clairement pas aidées en Suisse.» Pour Sandrine Doppler, experte en transition alimentaire et en innovation, la situation des jeunes pousses qui lancent leur produit s’apparente davantage à un parcours semé d’embûches qu’à un long fleuve tranquille. «Dans ce secteur, les investisseurs ne se bousculent pas au portillon et le coût d’acquisition des nouveaux clients est important en Suisse.»

La jeune entreprise zurichoise Brightbites a récemment arrêté la production et une entreprise romande cherche un repreneur. «Les start-up ont du mal à trouver leur place face aux leaders suisses de la distribution, qui subviennent à tous les besoins de la population. Le marché est petit et il faut déployer beaucoup d’énergie pour peu de gains.» Certaines start-up ne peuvent même pas se payer un système de livraison. «Les entrepreneurs effectuent eux-mêmes la tournée des différents points de vente avec leur fourgonnette», déplore Sandrine Doppler. 

Vendre des quantités importantes

En Suisse, il existe environ 300 start-up dans le secteur alimentaire, parmi lesquelles 10 à 15% proposent des snacks. «Je ne suis pas sûre qu’il y ait de la place pour tout le monde sur le marché», estime Sandrine Doppler. En Suisse romande, Hoppbox, Freely Handustry, Almondgy, Rythm 108, Brave Foods et le Smart Cake tentent notamment de se démarquer avec leurs en-cas sains. 

«Dans  la foodtech, il faut proposer des produits innovants de qualité alliés à un système de distribution original afin de pouvoir émerger. Pour gagner de l'argent et faire baisser les coûts fixes, vendre des quantités importantes est primordial.» Beaucoup de start-up tentent de faire leur apparition dans les rayons des supermarchés pour assurer leur survie. «Un des rôles de la grande distribution est d’aider les jeunes pousses en leur donnant accès à leurs magasins», souligne Sandrine Doppler. Une étape qui pourrait être facilitée par l’accélérateur à innovation de Nestlé, dont la création a été annoncée il y a deux mois. 

Lors des prochaines Automnales en novembre à Palexpo, une journée sera également consacrée à l’innovation dans l’alimentation. Instigatrice de l’événement, Sandrine Doppler espère faire émerger de nouvelles start-up. 

Connaître son marché

Pour Sandrine Doppler, les idées novatrices ne manquent pas dans notre pays, mais une bonne connaissance du marché est capitale avant le lancement d’un produit. «En Suisse, il y a trois mentalités différentes et un produit qui rencontre un grand succès en Suisse alémanique n’aura pas le même impact côté romand.»

Il y a pourtant une demande sur le marché du snack sain, surtout du côté des millenials. «Les consommateurs urbains toujours plus actifs sont à la recherche de produits faciles à emporter et veulent de plus en plus accéder à une alimentation plus saine et à valeur nutritionnelle ajoutée», observe Camille Bossel, co-fondatrice du réseau d’entrepreneurs Foodhack. 

Mais entre les envies du consommateur et ses habitudes d’achat, la ligne n’est pas toujours la même. «Il y a une dualité entre l’intention du consommateur et la rapidité avec laquelle le marché change», souligne Sandrine Doppler. «Et au final, le juge de paix reste le porte-monnaie et la facilité à trouver le produit.»

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AGEFI



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