Grégory Grin: «Nous mettons des cailloux supplémentaires dans les poches des start-up»

lundi, 04.05.2020

Le Conseil fédéral prévoit 100 millions de francs pour les start-up, sous forme de prêts cautionnés. Pour Grégory Grin, directeur de Fri Up, l’organisme de soutien à la création d’entreprises dans le canton de Fribourg, la Confédération aurait dû envisager l'option de l'aide à fonds perdus.

MH MB

Selon Grégory Grin, il n’y a pas que les projets scientifiques et technologiques qui méritent l’attention du gouvernement. (Fri Up)

Le Conseil fédéral prévoit 100 millions de francs pour les start-up, sous forme de prêts cautionnés. Un coup de pouce financier salué par Grégory Grin, directeur de Fri Up, l’organisme de soutien à la création d’entreprises dans le canton de Fribourg. «La réactivité de nos autorités politiques a été exemplaire», déclare-t-il.

A ses yeux, le gouvernement fédéral aurait toutefois dû envisager d’autres options. «Avec la solution du crédit, nous mettons des cailloux supplémentaires dans les poches des jeunes pousses, alors qu’elles entament un marathon et doivent se battre sur le marché», souligne-t-il.

Le risque de surendettement est bel et bien présent pour ces sociétés. «Je pense que la crise économique est suffisamment grave pour que l’on se permette de remettre en question des tabous comme les aides à fonds perdus», poursuit le Fribourgeois.

Jusqu’à un million de francs

Le Conseil fédéral a défini les modalités pratiques de son soutien qui ne sera fourni qu’en collaboration avec les cantons. Concrètement, les start-up peuvent déposer une demande de prêt dès jeudi. Elles ont jusqu’au 31 août pour le faire.

Le cautionnement est assuré à 65% par la Confédération et à 35% par le canton ou un tiers mandaté par ce dernier. Il couvre un million de francs par start-up au maximum. Ce montant doit néanmoins équivaloir à un tiers, au maximum, des frais courants 2019 de la jeune pousse, à moins que le canton décide de faire exception à cette règle.

La start-up dépose sa requête sur le site d’easygov. Cette dernière est transmise automatiquement par easygov au canton participant. L’instance désignée par l’autorité cantonale examine alors les conditions de prêt et transmet son évaluation à l’organisation de cautionnement. L’organisation décide, en tenant compte de l’évaluation de l’instance désignée par le canton, d’octroyer ou non le cautionnement. Sur cette base, l’entreprise peut solliciter un crédit cautionné auprès de n’importe quelle banque.

Pour l'évaluation des demandes, les services cantonaux compétents peuvent faire appel, si nécessaire, à un comité d'experts coordonné par Innosuisse, l’agence pour l’encouragement de l’innovation. Ce comité évaluera les entreprises qui soumettent une demande pour savoir si elles se qualifient en tant que start-up fondées sur la science ou la technologie.

La preuve par l'acte

Selon Grégory Grin, il n’y a pas que les projets scientifiques et technologiques qui méritent l’attention du gouvernement. «On lit et on entend beaucoup dire que l’après covid-19 ne sera plus comme avant, que le besoin d’une économie qui intègre l’humain et veut avoir des impacts positifs sur la société est de plus en plus pressant.»

Et d’ajouter: «alors, montrons-le par des actes. Imaginons les aides aux start-up en définissant des critères qui laisseront aussi la part belle aux innovations de modèles d’affaire, à l’économie circulaire, aux projets de terrain qui visent un impact durable et sociétal et pas seulement aux beaux projets hyper-technologiques qui ont mûri dans de prestigieux laboratoires de recherche.»

 

Mode d'emploi

Quelles entreprises sont éligibles ?

• Start-up dont le siège se trouve dans un canton participant et fondées après le 01.01.2010 mais avant le 01.03.2020

• Sociétés anonymes (SA) et sociétés à responsabilité limitée (sàrl) dont le siège est en Suisse

• Start-up dont l’activité ne relève pas du domaine agricole

• Start-up ne se trouvant ni en faillite, ni en procédure concordataire, ni en liquidation

• Start-up rencontrant de graves difficultés économiques suite à la pandémie de COVID-19 et souffrant de problèmes de liquidités

Quelles données sont nécessaires ?

• Frais courants. Les frais courants englobent en particulier les salaires, les investissements non portés à l’actif, les loyers, les frais relatifs aux demandes de brevets et aux conseils en brevets, ainsi que ceux relatifs aux processus internes ou externalisés de recherche et développement.

• Comptes annuels à titre de justificatif des frais courants de 2019 ou, si non disponibles, de 2018

• Business plans

• Données relatives à l’entreprise, y c. les coordonnées d’un(e) interlocuteur/interlocutrice au sein de l’entreprise

• Données relatives à la banque créancière

• Convention de crédit et/ou demandes de crédit relatives aux éventuels crédits obtenus au sens de l’ordonnance sur les cautionnements solidaires liés au COVID-19 du 25 mars 2020

Conditions supplémentaires


• La start-up confirme qu’elle ne se trouve pas en situation de surendettement au sens de l’art. 725 CO au moment du dépôt de la demande.

• Le modèle d’affaires est évolutif, fondé sur la science ou les technologies et novateur.

• Les éventuels crédits au sens de l’ordonnance sur les cautionnements solidaires liés au COVID-19 du 25 mars 2020 sont pris en compte.

• L’organisation de cautionnement décide alors, en tenant compte de l’évaluation du canton, d’octroyer ou non le cautionnement. Sur cette base, l’entreprise peut solliciter un crédit auprès de n’importe quelle banque.

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