Wall Street prudente pour la semaine à venir

samedi, 07.01.2017

En progressant fortement au cours de sa première semaine de l'année Wall Street a bien démarré 2017, l'indice vedette Dow Jones flirtant même avec les 20.000 points, mais les semaines à venir sont pleines d'incertitudes.

Depuis le dernier week-end, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a pris 1,02% à 19.963,80 points, à un jet de pierre des 20.000 points.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a gagné 2,56% à 5.521,06 points et l'indice élargi S&P 500 1,70% à 2.276,98 points, terminant tous deux la semaine à des niveaux records.

Tout au long de cette semaine de seulement quatre séances, la Bourse de New York a été dopée par une salve d'indicateurs économiques "encourageants", selon les termes de Tom Cahill de Ventura Wealth Management.

La hausse des ventes d'automobiles en décembre est venue confirmer les bons chiffres de l'année, tout comme la progression de l'activité qu'elle soit manufacturière ou non manufacturière sur le même mois, selon les indices ISM.

Les chiffres de l'emploi, toujours pour décembre, sont apparus plus mitigés avec une légère remontée du taux de chômage mais les investisseurs ont préféré retenir le coup de fouet dont ont bénéficié les salaires.

Dans ce contexte favorable, le principal obstacle sur le chemin de la Bourse de New York a été son propre niveau, élevé depuis le bond des marchés après l'élection de Donald Trump à la présidence américaine.

"On a monté de 9% depuis l'élection et n'importe qui vous dira que c'est beaucoup en peu de temps", a indiqué Hugh Johnson, de Hugh Johnson Advisors qui s'inquiétait que le marché ne soit allé "trop loin, trop vite" et ne risque une correction.

Ainsi, malgré la franche progression de Wall Street sur la semaine, les records battus et des heures passées vendredi à moins de 0,10% de cette barre symbolique, le Dow Jones a une nouvelle fois échoué à franchir les 20.000 points.

"Il existe une expression qui dit que +ce n'est pas en regardant par la fenêtre que quelque chose va arriver+. Tout le monde regarde et attend mais il ne passe pas grand chose", a commenté Karl Haeling, de Landesbank Baden-Württenberg.

Promesses

Cette forme d'attentisme risque de perdurer, la semaine prochaine s'annonçant dépourvue d'indicateur économique majeur et surtout précédant l'intronisation du futur président américain Donald Trump.

"Il y a beaucoup de spéculations sur le fait qu'une fois qu'il sera au pouvoir il puisse y avoir de la place pour des déceptions", a expliqué Karl Haeling.

Les promesses de Donald Trump ont suscité de fortes attentes, les marchés financiers espérant une baisse des impôts, une relance des dépenses d'infrastructures et une diminution des réglementations concernant les entreprises.

"La confiance dans un changement de la politique économique des Etats-Unis n'est pas particulièrement forte, les investisseurs l'espèrent mais il n'ont pas confiance", a estimé Hugh Johnson, jugeant que les vives déclarations de Donald Trump sur le réseau social Twitter concernant des entreprises, comme par exemple les constructeurs automobiles Toyota ou General Motors (GM) cette semaine, émoussaient encore plus cette confiance.

L'accélération de la publication des résultats d'entreprises à partir de la mi-janvier pourrait permettre aux investisseurs de se faire une idée plus claire sur le niveau auquel se trouve Wall Street par rapport à l'état de santé des entreprises et notamment leurs chiffres d'affaires et aux bénéfices réalisés lors du dernier trimestre.

La valeur du dollar, qui pénalise lorsqu'elle augmente les exportations et diminue mécaniquement les profits réalisés à l'étranger, et plus généralement la volatilité du marché des changes après l'intervention de la banque centrale chinoise en faveur du Yuan cette semaine, feront aussi partie des préoccupations des investisseurs. (awp)


 

 
 



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