REBO, la bouteille qui veut nettoyer la planète

jeudi, 19.12.2019

En précommande sur Indiegogo, 1000 bouteilles ont déjà été vendues. Le trio de fondateurs a fait ses armes chez P&G.

Elsa Floret

Pierandrea Quarta, co-fondateur et CEO de REBO.

A l’origine de l’aventure REBO (bouteille d’eau équipée de technologie blockchain), une prise de conscience, alors que les 3 co-fondateurs (PierAndrea Quarta, Francesco Abbate et Eduardo Atamoros) sont cadres chez Procter & Gamble.

Ils ont été très inspirés en 2017 par un projet de la multinationale, qui a distribué plus d’un million de bouteilles de shampoing à base de plastique recyclé, dans 20 pays, réalisant ainsi une économie de 6 tonnes de plastique.
 
Entrepreneurs dans l’âme, ils créent REBO fin 2018 en poursuivant un unique objectif: la lutte drastique contre la pollution plastique.

Leur solution se loge dans la conception d’une bouteille intelligente, équipée de la technologie blockchain, développée avec la start-up suisse Alpine Tech.
 
Leur leitmotiv est de nettoyer la planète et notamment les océans des déchets en plastique, en responsabilisant le consommateur sur sa propre consommation d’eau minérale tout en développant un business rentable.

Soit, la quête du juste équilibre dans leur vie professionnelle entre «ce qui leur plaît», «ce qui les aide à se sentir utiles», «ce dans quoi ils sont compétents» et «ce qui leur permet de gagner leur vie». Autrement dit l’ikigaï, concept japonais, qui se traduit par «joie de vivre» ou «raison d’être», l’un des six facteurs expliquant la longévité exceptionnelle des habitants de l’archipel d’Okinawa, situé au sud-ouest du Japon.
 
En termes de financement, les 3 co-fondateurs investissent personnellement dans leur start-up depuis 1 an. L’entreprise est aussi soutenue depuis ses débuts par l’avocat Fabien Aepli et l’étude Mangeat, dans une collaboration qui comprend notamment des services juridiques.
En avant-première sur la plateforme Indiegogo, plus de 1000 bouteilles REBO ont déjà trouvé leur public engagé et originaire d’une soixantaine de pays.
 
Interview de Pierandrea Quarta, co-fondateur et CEO de REBO, Francesco Abbate, co-fondateur et CFO et Eduardo Atamoros, co-fondateur et CMO.

Basée à Genève, la start-up cherche 4 collaborateurs dès 2020, exerçant des responsabilités de ventes, marketing et administration.
 

Le plastique, votre pire ennemi?

Le plastique est partout. Nous l’utilisons et le jetons du matin au soir, sous toutes ses formes, de plus en plus. L’eau en bouteille est symptomatique de cette surconsommation, surtout dans un pays comme la Suisse où l’eau du robinet est parfaitement potable. Dans le monde, ce sont plus d’un million de bouteilles en plastique, qui chaque minute sont achetées, consommées, puis jetées (Euromonitor). Lorsque le système de collecte et recyclage n’existe pas ou est déficient, ces bouteilles finissent bien souvent dans la mer. Si nous continuons à consommer ainsi, il y aura en 2050 plus de plastique dans les océans que de poissons, selon Ellen MacArthur Foundation: The new Plastics Economy.

 

En quoi REBO apporte une solution qui n’existait pas sur le marché?

Face à cette urgence à lutter contre le plastique, nous ne pouvons plus rester sans rien faire. Notre bouteille intelligente en acier inoxydable et réutilisable à l’infini apporte une réponse technologique qui permet à chacun, lorsqu’il remplit sa bouteille, de contribuer au ramassage des déchets plastiques. C’est une première mondiale, à notre connaissance.

Avec la bouteille REBO, c’est un choix écologique, qui empêche les bouteilles en plastique de finir dans les océans.
 

Vous vous êtes associés à la start-up suisse Alpine Tech.

Avec ce partenariat stratégique avec Alpine Tech, ex EPFL et la technologie embarquée dans son bouchon, la gourde enregistre votre consommation d’eau et à chaque remplissage, émet des crédits sur la blockchain, qui permettent alors de financer le ramassage des bouteilles usagées.
 
Celui-ci est opéré par l’association Plastic Bank qui donne ainsi du travail et un revenu aux populations locales. Le coût de ramassage sera couvert par REBO.
 

REBO est présente sur une plateforme Indiegogo. Quid de la distribution de cette bouteille? Sera-t-elle multicanaux?

Nous cherchons activement un partenaire stratégique pour la distribution à l’échelle globale.
Nous développons une stratégie B2B, voire DTC (direct to consumers) alliant la distribution physique et online.
 
Développé en partenariat avec APTAR, le leader mondial dans l’industrie des systèmes de distribution, REBO vient de clôturer son premier tour de table, recevant notamment le support du Next Generation Fund. REBO est actuellement en phase de certification par Gold Standard, basé à la maison de l’environnement à Genève et qui s’inscrit dans les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations-Unies.
 
 
Après ce pré-lancement via une campagne de crownd funding, quelles sont vos priorités?

Outre la distribution, nous réfléchissons à des axes complémentaires à REBO, comme celui du sport, de la santé, des assurances, des objets connectés.

Une App fonctionnant sous IOS et Android et connectée à la bouteille vous permet de suivre les crédits générés, le nombre de bouteilles en plastique que vous n’avez pas consommées et celles qui ont été ramassées grâce à vous. Et parce que REBO prend non seulement soin de la planète mais aussi de vous, l’App intègre un programme personnalisé d’hydratation.
 
 






 
 

AGEFI




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