Départ de cadres dirigeants chez Goldman Sachs

dimanche, 08.09.2019

En cours de métamorphose, Goldman Sachs perdra de nombreux cadres dirigeants d'ici la fin de l'année.

Ces départs et d'autres à venir devraient faire baisser de 15% d'ici la fin de l'année le nombre de salariés disposant du statut très convoité de "partner".

Goldman Sachs devrait voir partir d'ici la fin de l'année plusieurs de ses cadres dirigeants, une vague de départs qui coïncide avec sa métamorphose en une banque servant aussi bien les puissants que les petites gens pour rester compétitive face à l'avenir incertain du courtage.

Des vétérans ont quitté récemment la firme, visage à la fois de la finance triomphante et des errements des banquiers, et d'autres sont en train de négocier leur départ.

Marty Chavez, l'ancien directeur financier, et Jeff Nedelman, l'un des responsables de la division de courtage des titres financiers, ont déjà fait leurs cartons.

Steve Strongin, en charge des analyses, et Elisha Wiesel, le fils du prix Nobel Elie Wiesel, sont en train de négocier leur sortie.

Ces départs et d'autres à venir devraient faire baisser de 15% d'ici la fin de l'année le nombre de salariés disposant du statut très convoité de "partner", qui offre de gros avantages et privilèges, avancent les sources sous couvert d'anonymat.

Contactée, la firme n'a pas commenté.

Va-vite

"Ces gens sont de bons salariés et ont été de bons salariés pendant des années, mais ils ne sont pas les meilleurs employés pour répondre aux changements secouant actuellement le secteur", estime Marty Mosby, analyste chez Vining Sparks IBG.

"C'est une firme qui est en train d'accélérer pour créer une nouvelle société et de nouvelles activités avec de nouvelles personnes", renchérit Richard Bove, chez Odeon Capital Group.

Goldman Sachs, qui a eu pour pensionnaires Mario Draghi ou encore Steven Mnuchin, est en train de se réinventer pour s'adapter à un environnement où les activités spéculatives ne sont plus autant lucratives qu'avant la crise financière de 2008.

La faute à une réglementation trop stricte et à des startups technologiques, "fintech", qui ont cassé les prix, entraînant une baisse des commissions versées aux traders.

Le courtage ne représente plus qu'un tiers des bénéfices de Goldman Sachs, contre plus de la moitié en moyenne il y a encore cinq ans.

Le PDG David Solomon, DJ à ses heures perdues, veut transformer l'établissement en une banque universelle, les coûts fixes –agences bancaires – en moins.

Il veut développer hors des Etats-Unis Marcus, une plateforme en ligne de dépôts et de prêts aux particuliers et PME, et a lancé à l'été une carte bancaire en partenariat avec Apple.

La firme est désormais très active dans le capital-investissement (private equity) et est en train de développer l'activité de "cash management". Celle-ci consiste à offrir des produits et services de paiement et d'encaissement aux entreprises tout en les aidant à optimiser la gestion de leurs liquidités. Elle a le potentiel de générer des ventes croisées.

Goldman Sachs envisage de réduire la taille de sa division de courtage de matières premières.

"Dans la tourmente"

"Pendant dix ans, Goldman Sachs n'a pas compris que les marchés changeaient et qu'il fallait faire des ajustements. Ils essaient d'effectuer maintenant à la va-vite de gros changements en très peu de temps et ce de façon violente", juge Richard Bove. "C'est le signe d'une banque qui est dans la tourmente".

M. Solomon et ses lieutenants sont en train de passer en revue les activités et ont promis de présenter leur feuille de route aux milieux d'affaires début 2020.

"Ca va être un Goldman Sachs très différent du Goldman d'il y a 20 ans, qui employait les gens les plus brillants. Des gens qui avaient des réponses à tout, qui aidaient les entreprises à prendre les décisions sur l'utilisation de leurs liquidités, leur développement. C'était ça qui faisait la gloire de Goldman Sachs", avance Marty Mosby.

S'il estime qu'il est encore tôt pour se prononcer sur le nouveau Goldman Sachs, Richard Bove fait remarquer que David Solomon a aussi à coeur de redorer la réputation de la banque, ternie récemment par le vaste scandale du fonds souverain malaisien 1MDB.

Goldman Sachs est soupçonnée d'avoir prêté son concours à des détournements présumés de milliards de dollars destinés au développement économique de la Malaisie. (awp)






 
 

AGEFI




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