Loi sur les armes: l'économie ne veut pas compromettre Schengen

jeudi, 28.03.2019

En cas de non à la révision de la loi sur les armes, les accords de Schengen et Dublin expireront dans l'année, affirment les milieux économiques suisses. Ceux-ci veulent éviter une telle situation et soutiennent cette révision.

Pour les milieux économiques, la révision de la loi sur les armes préserve la tradition de tir en Suisse.(Keystone)

Le 19 mai prochain, la population suisse se prononcera sur une révision partielle de la loi fédérale sur les armes. "Cela ne ressemble pas à un problème économique à première vue, mais cette votation aura un impact direct sur les conditions cadres des entreprises suisses", a déclaré jeudi Monika Rühl, présidente de la direction d'economiesuisse.

Si le peuple suisse vote non en mai, l'adhésion de la Suisse à Schengen expirera automatiquement après six mois. Une décision du comité mixte Suisse-UE dans un délai de 90 jours pourrait empêcher cette expiration. Mais ce scénario n'est pas réaliste pour les milieux économiques.

Pour les milieux économiques, la révision de la loi sur les armes préserve la tradition de tir en Suisse. Rien ne changera en effet pour les soldats, les chasseurs et les tireurs sportifs. Ces derniers devront seulement prouver qu'ils font partie d'un club ou qu'ils tirent régulièrement.

Répercussions sur le tourisme

La fin de Schengen sonnerait la fin du visa uniforme pour les touristes voyageant en Suisse. "L'exclusion de la Suisse de ce dispositif engendrerait de graves désavantages financiers pour le tourisme suisse et une perte d'image tout aussi grave", a souligné Andreas Züllig, président d'hotelleriesuisse. Cette perte pourrait se monter à 530 millions de francs en 2030.

Pour l'économie suisse dans son ensemble, cela représenterait une baisse du produit intérieur brut, selon une étude du Conseil fédéral. En 2030, il serait inférieur à 3,7%. Et les exportations pourraient chuter jusqu'à 5,6%.

La Suisse ne profiterait plus non plus du Système d'information Schengen (SIS). Celui-ci permet notamment de retrouver des personnes disparues, ainsi que des objets et des véhicules volés partout en Europe.

En 2017, ce système a permis d'obtenir 17'000 réponses pertinentes. "Si ces recherches policières sont peu connues, elles ne représentent pas moins un élément de stabilité indéniable", a déclaré Philippe Miauton, directeur-adjoint de la Chambre vaudoise
de commerce et de l'industrie.

L'asile est aussi concerné par cette votation. En cas de suppression de l'accord de Schengen, celui de Dublin prendrait aussi fin. Ce dispositif évite à la Confédération de traiter les demandes d'asile de requérants qui ont déjà posé une demande dans un autre pays. Il a permis à la Suisse d'économiser jusqu'à deux milliards de francs, a souligné Philippe Miauton.(awp)






 
 

AGEFI



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