Il vaut la peine de miser sur les entreprises qui se réorganisent

jeudi, 02.08.2018

Philippe G. Müller*

Philippe G. Müller

En 2016 et surtout en 2017, il n’était pas trop difficile d’enregistrer des gains de cours confortables avec des placements en actions. Cette année, en revanche, tout ou presque a changé et surtout, des divergences apparaissent. La dynamique conjoncturelle progresse différemment aux Etats-Unis et en Europe: l’évolution est très divergente entre marchés d’actions et secteurs, mais aussi entre entreprises au sein d’un même secteur. Il est donc important de miser sur les bonnes sociétés.

D’autres mutations profondes viennent s’y ajouter: numérisation, réglementation croissante, nouvelles tendances de consommation, etc. Elles peuvent constituer un défi important pour la croissance et la rentabilité de certaines entreprises. Tandis que certains changements nécessitent des restructurations et des réorganisations de grande ampleur, d’autres peuvent être réalisés progressivement et en douceur.
Les entreprises suisses qui procèdent avec succès à de profondes restructurations pour redresser leur courbe de croissance offrent actuellement des opportunités de rendement attrayantes.

A l’inverse, le cours des actions des sociétés dont les mesures de réorganisation ont déçu pourrait se retrouver sous pression. Concrètement, on distingue quatre défis externes: premièrement, la numérisation, qui met en péril les offres traditionnelles comme les produits et les services basés sur le papier. Deuxièmement, les changements technologiques, qui rendent superflues les normes d’avant, telles que les produits informatiques basés sur du hardware. Troisièmement, les évolutions réglementaires, qui nécessitent de nouveaux processus de production ou de distribution. Et, quatrièmement, les nouvelles tendances de consommation qui obligent à adapter considérablement le portefeuille.

La Recherche d’UBS a dressé une liste d’entreprises suisses ayant pris des mesures qui semblent prometteuses: changements organisationnels, notamment suppression de niveaux entiers de management, introduction de structures de direction allégées, nouvelles équipes dédiées à l’acquisition des clients.

Ou aussi: réorganisation régionale incluant des investissements dans le développement de nouveaux marchés géographiques, acquisition ou développement de nouveaux produits et prestations, s’accompagnant de l’achat de nouvelles entreprises, recentrage des prestations et investissements R&D ciblant les nouvelles tendances du marché. Ou encore: abandon de certains produits et prestations, incluant la vente de certaines divisions ou de secteurs entiers de l’entreprise dans un pays.

Il vaut la peine d’investir dans de telles entreprises suisses dont le chiffre d’affaires, et donc le bénéfice, devraient fortement croître suite à une réorganisation stratégique.
En revanche, les entreprises dont les perspectives de croissance se sont assombries, sont à éviter.

* Economiste responsable pour la Suisse romande CIO VWM UBS






 
 

AGEFI




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